Connaître et utiliser les plantes sauvages comestibles - Guy Lalière

Comment connaître et utiliser les plantes sauvages comestibles ? Interview avec Guy Lalière

Je suis heureuse d’avoir pu interviewer Guy Lalière, botaniste, naturopathe et formateur, auteur du livre “Plantes comestibles – cueillette et recettes des 4 saisons”. Il va répondre à la question “comment connaître et utiliser les plantes sauvages comestibles ?”.

Merci à Guy pour son généreux partage de connaissances.

Je vous souhaite beaucoup de plaisir à visionner cette interview.

Toutes les informations sur les stages, formations, et expertises de Guy Lalière sur www.guylaliere.com

Pour aller plus loin sur certaines plantes abordées dans l’interview :

Le cerfeuil des bois – délicieux mais attention aux confusions !

Et si on mangeait du lamier…

Le gaillet gratteron – ou comment manger du velcro

Le lierre terrestre – lutin protecteur et aromate

Le pissenlit – légume sauvage disponible toute l’année

Tout se mange dans la grande berce

Transcription de l’interview “Connaître et utiliser les plantes sauvages”

Nathalie : Bonjour, j’espère que vous allez bien. Ça fait un moment déjà que j’avais envie d’aller à la rencontre d’experts dans le domaine des plantes sauvages comestibles, et je suis heureuse de pouvoir aujourd’hui interviewer Guy Lalière, qui est un as dans ce domaine.

Donc bonjour, Guy Lalière, Merci d’avoir pris le temps d’être avec nous aujourd’hui.

Où est-ce que tu te trouves là ?

Guy Lalière : Je suis dans mon milieu préféré, la forêt… une forêt alluviale. C’est la forêt à côté de la Couze Pavin, c’est une ripisylve. Donc c’est là où il y a un maximum de plantes, au bord des rivières. Ce que je dis aux gens : allez au bord des rivières, vous aurez tout ce qu’il faut pour vous nourrir, même vous soigner éventuellement. Au moins pour vous nourrir.

Nathalie : D’accord, donc tu es à Perrier dans le Puy de Dôme ?

Guy Lalière : Oui, à l’ouest, sur la vallée de la Couze Pavin. La Couze Pavin qui descend du lac Pavin qui est dans les Monts Dore, au pied du Sancy, le point culminant du Massif Central.

Nathalie : Ok et donc là tu es au fond de ton terrain ?

Guy Lalière : Non parce que le terrain il est un peu plus haut, il est plus sec, donc je suis descendu là carrément à la Couze. Ça fait 400 m de chez moi.

Nathalie : Ok super ça a l’air bien sympa chez toi. Donc je vais te présenter d’abord brièvement et puis, après je vais te poser quelques questions sur ton parcours et ta pratique parce que je pense que ça peut inspirer celles et ceux qui cherchent à mieux connaître les plantes sauvages et à les utiliser.

Et puis, à la fin de l’interview, je te laisserai présenter quelques plantes qui sont autour de toi.

Ça a l’air bien riche.

Donc Guy, Guy Lalière, tu es botaniste, naturopathe et formateur, tu es auteur du livre aussi « Plantes comestibles – cueillette et recettes des quatre saisons ». Tu est installé dans le Puy de Dôme, et depuis plus de 20 ans du partages ta passion à travers des sorties et des stages où tu fais découvrir les plantes sauvages comestibles et médicinales. Donc en Auvergne et ailleurs en France et d’ailleurs pas uniquement en France, j’ai vu.

Qu’est-ce qui a fait que tu t’intéresses aux plantes sauvages ?

Guy Lalière : Je pense déjà avec ma grand-mère au départ qui connaissait beaucoup la nature, les plantes sauvages, qu’elle utilisait. Puisque qu’elle utilisait une dizaine de plantes quoi …sauvages.

Notamment la porcelle enracinée que j’ai fait beaucoup découvrir autour de moi, notamment à Espaces et Recherches où… tu connaissais.

Nathalie : Oui, et à moi aussi !

Guy Lalière : Donc voilà, ma grand-mère, j’ai vécu, enfin j’étais avec elle jusqu’à…elle est morte quand j’avais l’âge de 12 ans. Mais jusqu’à 12 ans j’étais toujours derrière elle à cueillir les plantes. Aussi bien pour nous, pour se nourrir, que pour les lapins, par exemple. Je l’accompagnais, elle m’a fait découvrir plein de choses, les champignons aussi.

Nathalie : Donc ça t’a donné envie d’aller plus loin là-dedans ?

Guy Lalière : Après, plus tard j’ai fait un stage de culture et cueillette de plantes en agriculture biologique et c’est là que j’ai eu un accédant. Un ballot de luzerne qui m’est tombé sur le dos. Mais de là j’ai fait un reclassement professionnel. Je suis allé.. je savais que j’allais revenir un peu sur les plantes quand même… en allant dans les labos donc j’ai fait laborantin d’analyses médicales et

après, je suis revenu à l’INRA a Clermont pour travailler sur les plantes.

Nathalie : Tu as inventorié la flore des estives, c’est ça ?

Guy Lalière : Oui, j’ai fait des inventaires sur la flore des estives donc pour l’INRA, pour

l’ENITA. Et en 2000, quand Pierre Rabhi est venu en Auvergne… (tu y étais, je pense aussi) …

Nathalie : Oui.

Guy Lalière : Donc il a fait une conférence et après on s’est retrouvé avec beaucoup de gens qui voulaient vraiment vivre ce qu’il nous avait communiqué. On a créé un petit groupe « Oasis en Tous Lieux » en Auvergne. Donc on s’est connus avec plein de gens autour. Et au bout d’un an d’Oasis en Tous Lieux les gens qui avaient envie de faire des activités avec la possibilité d’en vivre après, on a fondé une association qui s’appelait Terres d’Oasis, dont tu faisais partie, Nathalie, aussi.

Tu étais sur la cuisine la cuisine bio végétarienne.

Nathalie : C’est ça, à l’époque, oui. Et toi, tu as a commencé à proposer des stages et sorties plantes sauvages.

Guy Lalière : C’est là que j’ai commencé à faire que ça. J’ai arrêté l’INRA et l’ENITA en 2011.

Et je suis auto-entrepreneur depuis 2010.

Nathalie : Et puis tu as fait une formation pour devenir naturopathe aussi ?

Guy Lalière : Entre temps, oui, en 2003.

Nathalie : Donc tu as vraiment les deux cordes à ton arc, deux ou trois même : la botanique pure, donc reconnaître les plantes, et après tu sais les utiliser aussi bien en culinaires qu’en médicinales.

Guy Lalière : C’est ça, j’ai un peu cette spécificité. Il y a beaucoup de monde, des pures botanistes, ils s’en fichent même des vertus des plantes. Ils ne les connaissent pas forcément. Il y a des naturopathes qui connaissent les plantes, donc comment les utiliser, mais ils ne les reconnaissent pas sur le terrain. Moi j’aime tellement tout ça que j’essaie de creuser dans tout ça.

Nathalie : Qu’est-ce que tu dirais…

Le fait de connaître et d’utiliser les plantes sauvages qu’est-ce que ça t’apporte dans ta vie, dans ton quotidien ?

Guy Lalière : J’ai l’impression d’être jamais seul, parce que dès que je sors j’ai toujours des amis. Les amies sont toujours toutes là, j’ai des amies partout.  En fait donc même dans des pays étrangers, je trouve toujours les mêmes. Je suis allé au Panama par exemple, il y avait du pourpier que j’ai reconnu. Mais après j’aime bien découvrir d’autres plantes que je ne connaissais pas et je suis toujours très heureux. Mais j’ai l’impression on n’est jamais seul…  C’est un refuge quoi. C’est un peu comme quand on prend refuge chez les tibétains, en bouddhisme, la nature c’est le meilleur des refuges.

Nathalie : Oui, sur ton sur ton site internet tu parles de « pour le plaisir, pour la santé pour l’autonomie alors alimentaire ».

Donc par autonomie alimentaire qu’est-ce que tu comprends ?

Guy Lalière : Déjà les plantes sauvages… il y a beaucoup de plantes, même quand on a un jardin qu’on désherbe, on tond la pelouse et on ne sait pas ce qu’il y a dessous, alors qu’il y a de la porcelle par exemple.  C’est pas mal, la porcelle parce qu’elle aime la pelouse rase. Mais il y a d’autres plantes qu’on peut utiliser.  Comme quand on fait un jardin, dès qu’on gratte la terre il y a du chénopode blanc qui se met il y a du pourpier, il y a énormément de plantes comestibles, des dites mauvaises herbes qui sont très bonnes à manger. Non seulement à manger, pour soigner aussi. Mais je pense qu’avec la période que l’on vit c’est quand même intéressant…  On ne sait pas la pénurie alimentaire qu’il peut y avoir. Je pense que c’est essentiel de connaître les plantes sauvages qui nous entourent et de les utiliser à bon escient. Bon, il faut bien les connaître mais sans tout arracher bien sûr, parce que on scie la branche sur laquelle on est assis, bien sûr. Il faut toujours faire attention à ce qu’on cueille, vraiment parcimonieusement, pas accueillir n’importe comment.

Nathalie : Oui, tu insistes beaucoup sur ce sur ce point-là. Sur ton site aussi tu dis « apprendre à reconnaitre les plantes et cueillir avec respect les plantes comestibles et médicinales ».

Donc cueillir avec respect c’est quoi pour toi ?

Guy Lalière : Déjà il faut voir s’il y en a suffisamment de cette espèce en un lieu donné,

Même si ce n’est pas une plante protégée, dans un certain milieu elle peut être rare, selon les régions,

même dans un petit milieu. Donc on ne la cueille pas quand c’est rare. On attend qu’il y en ait un peu, on laisse pousser et puis on en cueille quelques-unes. On peut juste goûter si on veut.

Rien que l’énergie de la plante, elle peut nous rassasier, nous faire du bien, apporter une autre énergie. Donc ne pas cueillir tout autour, bien sûr, parce qu’après on n’a plus rien. Si on respecte tout ça on a encore plus d’abondance.

C’est un peu comme la permaculture : plus on apporte de choses plus ça vit et plus il y a encore de choses.

Quand on les respecte aussi, voilà, on les remercie quand on cueille.  Je les remercie quand je cueille.

Nathalie : Oui…ça vient bien souvent spontanément en fait.

Alors quand on est débutant, qu’on aime la nature mais qu’on n’y connait pas grand-chose aux plantes et qu’on a envie d’utiliser les plantes… Qu’est-ce que tu conseillerais, comment on s’y prend ?

Guy Lalière : Moi je dirais qu’il faut commencer par les familles de plantes. Même si c’est un peu plus difficile. Moi je conseille plutôt de commencer par les familles plutôt que par des livres où on identifie par les couleurs. Je préfère identifier déjà pour par les familles, même si c’est un peu plus hard au départ. C’est plus facile après. On s’y retrouve mieux et on est plus autonome.

Nathalie : Parce qu’il y a certaines familles où on sait que quasiment tout est comestible…

D’accord donc on commence par reconnaître les familles et puis après ?

Guy Lalière : Après on va autour de chez soi se promener, puis on observe, on regarde. On peut prendre sa flore, même une flore illustrée, c’est très bien. Moi j’aime bien la petite flore, je vais commencer par là : la petite flore illustrée de Delachaux et Niestlé, la flore sauvage de Delachaux et Niestlé. Pour les plantes de la majorité de la France c’est bon. Si on est vraiment dans le sud ce n’est pas bon, mais pour le nord de la France c’est très bien, même le centre. Même s’il n’y a pas tout, bon, on commence par là et après on va plus loin.

Après je conseille la Flore Coste qui est très très bien. C’est trois volumes, ça fait une bonne épaisseur mais après on la garde à la maison.

Nathalie : Oui, ce n’est pas une flore qui s’amène sur le terrain…

Guy Lalière : La flore de référence maintenant c’est Flora Gallica, donc flore de France. Mais bon après c’est pour les nouveaux noms c’est très bien. Mais j’utilise toujours la Flore Coste et puis après

pour avoir les nouveaux noms, c’est la Flora Gallica qui va me donner les derniers noms en date.

Nathalie : Parce que la botanique elle change aussi, elle évolue.

Alors j’ai eu la chance de me retrouver régulièrement sur le terrain avec toi quand je vivais en Auvergne. Alors on te met n’importe quelle plante sous le nez tu vas savoir comment elle s’appelle comment on l’utilise… Comment on acquiert une telle connaissance ?

Guy Lalière : C’est l’expérience. Il faut le temps… C’est le terrain, le terrain, le terrain.

Comme quand on achète une maison : il paraît les trois trucs c’est l’emplacement, l’emplacement, l’emplacement. En botanique c’est le terrain, le terrain, le terrain.

Nathalie : Quand toi tu te trouves devant une plante que tu ne connais pas, parce que ça doit quand même de temps en temps arriver quand même, quand tu te balade un peu en France ou ailleurs…

Comment tu t’y prends pour savoir quelle est la plante et si on peut l’utiliser ?

Guy Lalière : Je cherche à savoir quelle est cette famille. Et si je ne vois pas la famille… En principe, les familles françaises je les connais, je vois à peu près. Après je vais dans la Flore Coste, si je ne la connais vraiment pas. Je vois la famille déjà et pour le genre je regarde dans la Flore Coste qui est illustrée aussi, qui a des planches très bien faites. Ce sont les dessins de référence que l’on trouve sur tela botanica, c’est la Flore Coste. Donc je regarde avec la Flore Coste si c’est vraiment une plante que je ne connais pas. Après je suis heureux de la connaître. J’aime bien déterminer, trouver ce que c’est.

Nathalie : Oui c’est un petit jeu de piste à chaque fois.

Guy Lalière : Des fois c’est des… Ça arrive des fois que je les ai vues et puis j’ai l’intuition tiens ça doit être ça. J’ai pas mal d’intuitions souvent comme ça. Ce n’est pas très scientifique, mais par intuition ça marche aussi.

Nathalie : Avec l’expérience, c’est sûr.

D’accord. Donc les activités que tu proposes autour des plantes sauvages actuellement :  Tu vas

du petit atelier découverte que tu proposes dans ta commune, j’ai vu, à Perrier, jusqu’à des stages d’une semaine en Auvergne, en France, en Alsace, dans le Tarn dans l’Hérault, les Hautes-Alpes… Et même là malheureusement tu as dû annuler un stage en Crète ?

Guy Lalière : Oui, ça faisait dizaine d’années qu’on y va, ça fait 7 – 8 ans. On a annulé, tant pis… Normalement, il doit se renouveler au mois d’octobre ou novembre. En fait ils mangent beaucoup de plantes sauvages, les crétois.

En fait c’est avec François Couplan aussi…Je lui dois aussi ce que ce que je suis à François Couplan. Pierre Rabhi et François Couplan qui ont fait ce que je suis, en fait. J’ai fait un stage avec François Couplan.  Il a écrit plein de bouquins et avec ses bouquins de plantes comestibles je me suis amélioré et j’ai progressé dans le savoir des plantes comestibles.

Nathalie : Oui, c’est sûr, quand on s’intéresse aux plantes sauvages comestibles il est incontournable.

Guy Lalière : Tout à fait. Et donc lui il a écrit un bouquin, le véritable régime crétois. Justement c’est là où il parle des plantes sauvages. Puisque le véritable régime crétois, on dit c’est l’huile d’olive, plus ou moins végétarien, du poisson, du vin rouge… Mais ce qu’on ne note pas bien c’est qu’en hiver ils mangent beaucoup de plantes sauvages.

En fait c’est la bonne saison pour eux. Pour les méditerranéens la belle saison, c’est à dire d’octobre à avril.

Nathalie : Oui quand il ne fait pas trop sec.

Guy Lalière : Pour nous c’est le contraire. Donc comme je dis, les gens du sud, quand il fait trop sec chez eux il faut qu’ils remontent en estive, dans le nord, dans nos montagnes. Et après, nous, quand il y a de la neige chez nous il faut qu’on descende un peu plus au sud, un peu comme les ancêtres.

Et donc les crétois, ils ont toujours mangé les plantes et ils n’ont pas perdu cette tradition. Sur les marchés on voit plein de plantes sauvages sur les marchés, c’est incroyable. Même dans les magasins, on voit énormément de plantes sauvages.  De la chicorée épineuse, plein de… énormément de choses, même des tamiers, plein de tamier.

Nathalie : Le pourpier.

Guy Lalière : Parce que le pourpier, il y a beaucoup d’oméga 3. C’est ce qui justement participe au régime crétois, comme les escargots d’ailleurs, il y a beaucoup d’oméga 3. Il est bien présent dans le régime crétois, l’escargot aussi. Ils le font avec du romarin et de l’huile d’olive.

Tu es toujours, végétarienne, Nathalie ?

Nathalie : Oui, oui.

Guy Lalière : Pas d’escargots, donc.

Nathalie : Non, pas d’escargots.

Guy Lalière : Parce que les escargots ils peuvent les manger à Pâques, enfin je veux dire c’est autorisé le vendredi saint, comme le poisson. L’escargot est une viande maigre.

Nathalie : Oui, c’est vrai je mange un peu de poisson maintenant.

Guy Lalière : Ils jeûnent pas mal aussi dans l’année donc ça leur apporte aussi, enfin ça contribue à leur bonne santé, leur longévité aussi. Comme ils n’ont pas de jeûne plus ou moins religieux, donc ça aide aussi. Il y a ça aussi qui compte.

Nathalie : Il n’y a pas que le régime frugal, l’huile d’olive, légumes etc. mais il y a aussi les plantes sauvages et aussi le jeûne. Donc c’est tout un ensemble.

Guy Lalière : Il y a l’art de vivre aussi. L’art de vivre qu’ils ont il est vraiment waou. Moi, quand je suis là-bas, je me dis, ou là là qu’est-ce que je fous ailleurs ?

Nathalie : Donc toutes des activités, stages, journées et puis tu fais aussi des stages en itinérance avec des ânes bâtés avec Gervais Martin en Auvergne. Donc tout ça, on le trouve sur ton site guylalière.com. En espérant que bientôt on va pouvoir re-accueillir tout le monde qui veut venir voir les plantes avec nous sur le terrain.

Donc en attendant qu’est-ce que tu as comme plantes autour de toi là ?

Guy Lalière : Ce que l’on voit tout de suite, c’est énorme, c’est…Je ne sais pas si vous le voyez là ?

Nathalie : Oui.

Guy Lalière : Ces feuilles-là, l’ail des ours. Les petites fleurs d’ail des ours là avec les feuilles. Donc après elles vont commencer à jaunir, une fois que ça fleurit. Vous voyez les petits boutons floraux aussi qui sont très bons, dans le vinaigre de cidre par exemple. Comme ils sont beaux les petits boutons floraux !

Nathalie : Toi tu es en altitude. Dans d’autres régions l’ail des ours est déjà en train de faner.

Guy Lalière : Je suis à 400 mètres à peu près, là. La feuille jaunie après, une fois que les fleurs se mettent, les feuilles deviennent jaunes et ce n’est pas bon. Au début elles deviennent un peu blanchâtre. Donc voilà on va prendre juste les feuilles, les belles feuilles et sinon prendre les fleurs et les boutons floraux.

Nathalie : Comment tu les prépare par exemple ?

Guy Lalière : J’aime bien les utiliser dans la salade comme ça les feuilles. Sinon en pesto, en mélange avec l’ortie (vous la voyez). Donc j’aime bien mélanger l’ail des ours, ortie et puis aegopode podagaire. Il n’y en a pas trop par ici, il faudrait que j’en implante, d’ailleurs.

C’est une bonne chose aussi, si vous avez un lieu comme ça, en sauvage plus ou moins, vous pouvez implanter des plantes intéressantes. J’aime bien l’aegopode podagraire qui est l’herbe aux goutteux qu’on l’appelle. Et les trois, ensemble, sont super bons, je trouve. Et après, je mets des noisettes ou des graines de tournesol c’est très bien. Ce n’est pas cher puis c’est intéressant. Puis huile d’olive, colza . Graines de tournesol, huile d’olive, colza. Et puis j’utilise du vinaigre umeboshi. C’est un vinaigre aux prunes japonaises. On peut faire ça avec les prunelles qu’on a chez nous aussi. Un genre de saumure de prunelles. Et voilà. Donc ça sale en même temps. Et après on tartine ça avec ce qu’on veut.

Si on a du nombril de vénus chez soi on peut tartiner dans le nombril de vénus, ça fait des canapés intéressants.

Ah, ça fait un petit rayon de soleil, c’est joli là.

Donc là il y a du lierre terrestre. On ne voit pas trop les fleurs, là.  Je fais en ce moment de la crème au lierre terrestre, avec du lait de chèvre, avec de la fécule de maïs.

Nathalie : Une crème dessert ?

Oui une crème desserts, comme dans mon bouquin c’est la crème dessert qui est avec la reine des prés, c’est la même. Mais j’utilise juste 80 g de sucre, il y en avait un peu trop dans le livre.

Nathalie : Oui donc le lierre terrestre est très aromatique et donc tu l’utilises en crème dessert.

Guy Lalière : Pour les toux persistantes en infusion il est bien aussi. Ou en sirop.

Donc là il y a aussi une autre plante, de la même famille que le lierre terrestre. C’est une lamiacée avec ses feuilles opposées décussées : quand on regarde du haut ça fait une croix. C’est le lamier jaune.

Nathalie : Ah, tu as du lamier jaune !

Guy Lalière : En Allemagne lamier doré, ça se dit ?

Nathalie : Oui oui, tout à fait. Chez nous dans le Loiret on a beaucoup de lamier tacheté, dans d’autres endroits il y a beaucoup de lamier blanc est donc chez toi y a le lamier jaune. Donc tous les lamiers se mangent.

Guy Lalière : Il y a le lamier jaune il y a aussi le lamier tacheté, oui. Il y en a aussi ici mais je ne le vois pas tout de suite. Mais il y en a.

Après, pour les plantes toxiques, à côté de l’ail des ours il faut faire attention. ll y a l’arum : c’est surtout quand il est comme ça l’arum quand il n’a pas ses deux oreilles derrière, en pointe de flèche.

Nathalie : Tu peux descendre un peu la caméra ? Voilà, voilà, là on le voit.

Guy Lalière : Donc voilà on voit, il est sur une feuille d’ail des ours, Oui, on voit les deux. On voit la différence quand même.  Donc l’arum : on voit une nervure centrale et puis des nervures divergentes. Et l’ail des ours, on voit les nervures parallèles. L’ail des ours a des nervures parallèles.

Et l’ail des ours, pour le distinguer aussi du muguet : le muguet il est mat dessus et il est brillant dessous. Ou l’ail des ours c’est le contraire : Il est brillant dessus et mat dessous. Comme muguet mat : MM, muguet mat, il est mat dessus, donc ce n’est pas bon. En moyen mnémotechnique.

Nathalie : Parce que le muguet, tout le monde ne le sais pas mais le muguet il est toxique.

Guy Lalière : Il est très toxique, oui.

Là on voit les fleurs de lierre terrestre.

Alors qu’est-ce qu’on a dans le coin ? Après j’ai vu qu’il y avait du tilleul. Les feuilles de tilleul.

Nathalie : Oui les jeunes feuilles de tilleul, très bonnes en ce moment. Bon elles sont un peu plus vieilles celles-là mais voilà, les feuilles de tilleul, super bonnes en salade.

Ce qu’il y a beaucoup, c’est là-bas, je vais vous faire voir…Je balade la caméra par terre là…

Je suis sorti un peu du bois, je vais vers… là on voit quelque chose.  Tu vois des feuilles là ?

Nathalie : Oui…

Guy Lalière : Des feuilles qui ressemblent à des feuilles de vigne un peu.

Nathalie : Tout à fait, oui…

Guy Lalière : Et puis les petites pousses.

Nathalie : Ah !

Guy Lalière : Là tu casses ça, et tu le manges.

Nathalie : Donc pour ceux qui ne connaissent pas ?

Guy Lalière : C’est du houblon ! Humulus lupulus. C’est très bon cuit à la poêle, comme en omelette, par exemple. C’est une super plante.

Nathalie : Juste les jeunes pousses, ou est-ce qu’on peut manger les feuilles plus tard aussi ?

Guy Lalière : Non, parce que c’est plus astringent, ce n’est pas terrible. Des pousses, il y en a beaucoup en ce moment. Tu la vois bien là ?

Nathalie : Oui.

Guy Lalière : On a beaucoup d’anthrisque des bois là. Bon, ce n’est pas une plante trop pour les débutants mais bon…

Nathalie : Le cerfeuil des bois, oui. Donc confusion possible avec des plantes très toxiques comme la ciguë. Donc il faut bien s’y connaître.

Guy Lalière : La ciguë est complètement glabre, elle n’a pas de poils, tandis que là on voit qu’il y a un petit duvet, puis aux nœuds il y a quand même des petits poils. Et la tige est très sillonnée. Et il n’y a pas de taches rouges sur les tiges comme la ciguë.

Après il y en a qui ressemblent, c’est le cerfeuil des fous qui peut ressembler. Mais il a aussi des points rouges. Et il y a aussi le cerfeuil doré après. Le cercueil doré qui est un peu tendancieux. On ne sait pas trop si c’est bon ou pas. Moi je n’ai jamais vu si c’était… pas sûr que ça soit bon.

Nathalie : Par contre le cerfeuil des bois que tu viens de montrer, c’est excellent.

Guy Lalière : Oui c’est bon, on peut manger les pousses. Par contre la racine serait un peu toxique.

Mais j’ai vu plusieurs infos contradictoires.

Là il y a une plante que j’aime beaucoup aussi. Une autre plante de la famille des lamiacées. Tu vois quelque chose, là ?

Nathalie : Oui, on dirait de l’épiaire, non ?

Guy Lalière : Oui, c’est ça. L’épiaire des bois.

Nathalie : Oui, avec toujours les feuilles opposées, c’est un peu duveteux.

Guy Lalière : C’est duveteux, oui, c’est très doux. Par rapport au lamier tacheté c’est beaucoup plus doux. Et ça, ça donne vraiment un super goût de champignon dans une soupe. On peut faire une soupe aux champignons sans champignons avec l’épiaire.

Et voilà le lamier tacheté qui est à côté.

Nathalie : Avec les grandes fleurs violettes, mauves.

Guy Lalière : Donc les des feuilles sont comme-ça : moins duveteuses est un peu plus petites que l’épiaire des bois. En comparaison.

Il y a énormément de lierre terrestre.

Bon le gaillet gratteron je ne l’utilise pas beaucoup, parce que quand même ça gratte un peu. J’utilise plutôt le gaillet mou que j’aime beaucoup. Les petites pousses.

Il y a du lamier blanc aussi.

Nathalie Tu as plein de lamiers chez toi !

Guy Lalière : Il y a tout ce qu’il faut, oui. Bon, le pissenlit, bien sûr. Le pissenlit c’est vraiment les saisons pour faire des cures de pissenlit. C’est tellement bon.

Il y a aussi pas mal de berce dans la prairie, il y a des coins où il y a pas mal de berce.

Nathalie : La grande berce…

Guy Lalière : Il faut que je la trouve. Ah oui, il y en a beaucoup là. Des jeunes là, et là il y’en a une qui est en train de fleurir là. Les petits boutons floraux- là qui sont super bons.

Nathalie : Ah, déjà en fleurs, tiens !

Guy Lalière : Les boutons de berce.

Nathalie : Ah, c’est bon ça !

Guy Lalière : On peut l’éplucher, c’est comme des bonbons.

Nathalie : Donc là, tu épluches la tige ? Oui, épluché… super bon !

Rires

Nathalie C’est super, Guy ! Merci pour toutes ces découvertes !

Donc pour te rencontrer, toi, je mettrai l’adresse de ton site dans mon article qui ira avec la vidéo

et dans la description. Donc pour ceux qui ont envie de découvrir Guy et ses activités.

Tu fais aussi des inventaires pour les entreprises ou des particuliers.

Guy Lalière : Oui, pour des bureaux d’étude.

Nathalie : Merci pour cette petite promenade dans la vallée de la Couze et bonne continuation. Bonne fin de confinement. Heureusement tu as la nature autour, ça nous ça nous réconforte. A bientôt. La prochaine fois, j’espère je viendrai te voir pour t’interviewer « en vrai ».

Guy Lalière : Avec grand plaisir, super, génial. Tout de bon pour toi, Nathalie, à bientôt !

Nathalie : Merci ! A bientôt, Guy, salut !

J’espère que cette vidéo vous a plu. Moi j’ai trouvé ça passionnant. Si ça vous a plu n’hésitez pas à mettre un pouce et à vous abonner et puis je vous attends pour d’autres aventures sauvages dans d’autres articles et d’autres vidéos. A bientôt !

 

 

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