Interview Loïc Plisson - permathérapie et plantes sauvages

Permathérapie et Plantes Sauvages – Entretien avec Loïc Plisson

Bienvenue à cette rencontre entre permathérapie et plantes sauvages comestibles ! Loïc PLISSON, fondateur de la permathérapie, nous livre dans cette interview sa vision des plantes sauvages et du rôle de notre relation avec elles en tant que cueilleuse/cueilleur et tant que que soignant(e) ou soigné(e).

Vous découvrez par la même occasion ce qu’est la permathérapie, pratique de soin intégrative et écologique basée sur les principes de la permaculture.

Merci Loïc pour cet échange passionnant !

Découvrez aussi la suite, l’interview de Nathalie par Loïc, sur la chaîne YouTube de Loïc, Se Soigner Autrement.

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Voir la suite de l’échange (Loïc qui questionne Nathalie) en cliquant ici.

Transcription texte de l’interview « Rencontre entre permathérapie et plantes sauvages comestibles »

Nathalie DESHAYES : Bonjour et bienvenue à cette rencontre entre permathérapie et plantes sauvages comestibles. Alors permathérapie c’est quoi ? C’est une approche de soins particulière, basée sur la permaculture, que tu représentes, que tu as développée, Loïc, et on a constaté qu’il y a pas mal de liens avec notre pratique de cueillette des plantes sauvages comestibles. Et ça a donné cette rencontre. Cette rencontre presque improbable, on va dire, au milieu de la forêt, effectivement entre la permathérapie et les plantes sauvages comestibles. À premier lieu, ça pourrait ne pas avoir beaucoup de liens et pourtant, il y a plein d’intersections qu’on va retrouver entre les deux. Voilà, en quelques mots.

Loïc PLISSON : Voilà, je te remercie ; je te remercie de m’accueillir sur ta chaîne. Je m’appelle Loïc Plisson et je suis effectivement le concepteur de la permathérapie. C’est une approche de soins qui va, entre autres utiliser les plantes, et les plantes dites médicinales, mais pas seulement. Et qui s’appuie, en effet, sur les principes de la permaculture ; sur la philosophie de la permaculture. Ce qui fait la particularité de cette approche, c’est de considérer la personne mais également l’environnement dans lequel elle évolue et également l’impact de nos soins sur notre environnement. Et, dans les deux sens, c’est-à-dire aussi bien comment le fait que je me soigne va impacter l’environnement et comment, quand je vais chercher mon soin, ça impacte aussi l’environnement. Et c’est déjà une première un premier lien avec les plantes sauvages comestibles, puisque les plantes que je vais sélectionner, si je choisis de me soigner avec des plantes médicinales, et bien, d’où viennent-elles ? C’est un peu un grand sujet. Aujourd’hui, dans la phytothérapie européenne, on retrouve et ce n’est pas récent ; ça date du début du 20e siècle. On commence à voir ce mouvement-là dès 1920 à peu près, même un petit peu avant où les plantes exotiques, les plantes tropicales vont prendre le pas sur les plantes locales et disparaître peu à peu des différents codex pharmaceutiques. Donc c’est ces fameuses bibles des médicaments. Et bien, on va voir des plantes, voilà qu’on rencontre autour de nous, disparaître et être remplacées par de la quinine, qui a été un peu la grande première, mais aujourd’hui avec des Ashwagandha des Gotu kola, pour rester sur les plantes indiennes, ou bien encore l’Harpagophytum ou plus classiquement en aromathérapie les fameux Tea tree ou Ravintsara, Saro et autres plantes tropicales.

Nathalie : Alors que, souvent, on a tout sous les pieds.

Loïc : À portée de main, oui ; on les retrouve ; alors là, ça va plus être ton domaine mais effectivement moi je ne fais pas de cueillette. Enfin, je ne fais pas de cueillette ; à titre professionnel, je n’enseigne pas la cueillette. Ce n’est pas mon domaine. Tu sais reconnaître les plantes beaucoup mieux que moi.

Nathalie : Mais tu as quand même fait de la botanique ?

Loïc : J’ai fait un petit peu de botanique, mais c’est plus par intérêt personnel, et probablement qu’on y reviendra ; mais c’est plus aussi pour, en tant que soignant, savoir à quoi ressemble la plante que je conseille. C’est plus dans ce sens-là. Et je ne fais pas non plus d’herboristerie, donc de préparation de plantes, de cataplasme et autres préparations que l’on peut faire avec des plantes. Mais moi, mon cœur de métier, c’est plutôt déterminer, choisir la plante la plus adaptée pour la personne, dans une situation donnée.

Nathalie : Donc parle-nous un peu plus de la permathérapie. Qu’est-ce que nous, qui nous intéressons au plantes sauvages comestibles avant tout sur cette chaîne, comment on se la représente ?

Loïc : Alors, je vais peut-être partir de l’exemple de l’utilisation des plantes pour vous amener en fait à la permathérapie. Dans l’usage des plantes, et en particulier des plantes sauvages ; elles ont un rôle un peu particulier dans le modèle de la permathérapie. On dit qu’elles sont de dynamique nourrissante. Qu’est-ce que ça veut dire ? Dans les différentes façons d’envisager les traitements, les outils de soins, on va utiliser ce qu’on appelle les dynamiques qui nous permettent de comprendre dans quel élan nous amène ou nous met tel ou tel traitement. Si je te mets dans un hamac et que je te berce, voilà ; on va avoir une dynamique apaisante. Voilà, ça va. Tu t’es imaginée tout de suite dans le hamac en train d’être bercée ?

Nathalie : Ah oui, oui, trop bien ! Sous un cocotier peut-être !

Loïc : Ou même entre deux chênes, ça va très bien aussi ! Mais ce sera, voilà ; ce sera plutôt apaisant parce que le balancement, et on a des outils comme l’écharpe, où on va avoir cette action là ; le balancement va avoir ce qu’on appelle une dynamique apaisante. Si j’ai une autre situation, par exemple, où je viens appliquer une bouillotte chaude sur le ventre, une autre sur les épaules ; là, on va plutôt avoir une dynamique plutôt stimulante ; on va avoir quelque chose qui va venir mobiliser, mettre en mouvement du fait de la chaleur. Donc ça, ces dynamiques-là, elles sont au nombre de 5 : apaisante, stimulante – je viens de donner les exemples – agradante et dégradante ; là, on est plus sur du terrain sur du long terme ; je vais passer rapidement sur celles-là, puisque celle qui nous va intéresser, c’est la 5ème, qui est la dynamique nourrissante. Une dynamique nourrissante, c’est lorsque l’on va avoir un soin qui va avoir une puissance d’action qui va être limitée, mais dont la répétition va donner la puissance. L’exemple que je donne souvent, c’est le brossage des dents. Si je vous dis de vous brosser les dents une fois par an, comprenez bien que c’est un peu juste. Voilà, elle n’a pas une grande puissance d’action. Se brosser les dents, ça n’a pas une grande puissance d’action puisque, 2, 3 heures après, il suffit que j’aie mangé un petit peu, voir même sans manger ; ça suffit à ce que le brossage soit caduque et qu’il faille que je recommence. Allez, on va dire 4 heures pour être gentil. Mais une année évidemment, ça ne suffit pas. Lorsque je vais manger – on va mettre de côté les plantes sauvages pour l’instant – mais, lorsque je vais manger un aliment, et bien, 2, 3, 4 heures après et bien, il faut que je remange à nouveau. Donc il n’a pas une grande puissance d’action mais c’est le fait que je répète, je le mange une fois, deux fois, trois fois etc. qui va donner sa puissance d’action. Si je veux le comparer à un acte vraiment très différent, voilà, je vais me faire opérer de la vésicule biliaire ; je ne vais pas me faire opérer tous les jours, ni même tous les 6 mois, ni même tous les ans. C’est fait une fois, ça a une grande puissance d’action. Voilà, c’est pour bien comprendre le terme de de puissance. Et bien les plantes sauvages, elles ont cette dynamique nourrissante et elles ont un rôle très particulier parce que, à la fois elles sont quand même puissantes ; c’est un peu des bombes nutritionnelles – enfin, si vous me permettez la métaphore, je n’utilise pas beaucoup de métaphore guerrière, c’est la seule que j’ai – mais voilà, elles ont une grosse quantité, elles apportent une grosse quantité de nutriments et pas seulement ; on verra que ce n’est pas ça qui nous intéresse en permathérapie ; mais elles peuvent être utilisées quotidiennement et viennent nourrir le corps. Elles viennent ; ce n’est pas une histoire de le renforcer, mais juste le nourrir, lui permettre en fait, de continuer à évoluer. Ce qui fait le propre du corps humain, tel que nous on le voit en permathérapie, ce n’est pas de rechercher l’équilibre, ça on s’en fiche totalement, c’est de continuer à évoluer et à grandir. Grandir à l’intérieur, faute de grandir à l’extérieur, passé quelques années, moi je ne grandis plus trop, voilà. Donc on va chercher plutôt à grandir à l’intérieur et elles nous permettent ça. Et les plantes médicinales, les plantes – pardon – comestibles, ont cette particularité dans une petite quantité de pouvoir apporter énormément et de nourrir vraiment très fort l’organisme de plein de points de vue. Je vais détailler les points de vue.

Nathalie : Oui. Vas-y. Donc là, je pense qu’on va faire le lien avec les plantes médicinales ; jusque-là comestibles, nutriments, …

Loïc : Mais pas seulement. Les nutriments, c’est notre regard occidental qui nous a amené à avoir le nutriment de la plante et de savoir la composition. Nous, on a un regard donc tant qu’occidental, on aime bien voir de quoi est fait la matière et de quoi est faite encore plus, et on va regarder dans le détail, dans le détail. Juste, je vais demander de prendre un petit peu de recul et de regarder plutôt globalement, ce qui est assez fascinant avec les plantes. Et je regarde par ici parce que, elle est hors champ, mais j’ai l’ortie en face de moi, donc elle me sert de modèle. L’ortie – et n’importe quelle plante – elle va avoir sa composition, mais aussi sa structure. On parle, dans certains courants nutritionnels, on parle de matrice, ce n’est pas juste un agglomérat de sucre, de protéines, de lipides, d’oligoéléments et que sais-je encore. Et tout ça c’est organisé, c’est structuré dans une forme particulière qui est une sorte de matrice spécifique de la plante. La matrice de l’ortie n’est pas celle de la ronce, ce n’est pas celle du chêne ou je ne sais quelle autre plante. Elles ont toutes des matrices qui leur sont particulières. Et cette matrice-là, elle fait que les composants ne vont pas se libérer de la même manière, à la même vitesse ; ils ne vont pas se présenter de la même manière, au-delà de leur nature. Ça c’est une première particularité des plantes, si on différencie avec une alimentation uniquement calculée en terme de glucides, protéines, lipides. Et l’autre particularité, c’est lorsque je vais – et celles qui m’intéresse le plus dans les plantes sauvages – et bien elles ont un elles ont un environnement, un écosystème. Lorsque je vais manger une plante de plantin, j’ai sur cette feuille de plantin des levures. Je vais avoir des bactéries, probablement des virus aussi qui vont traîner, tout un tas de micro-organismes qui vivent avec cette plante-là. Et en me nourrissant de la plante, je mets aussi mon corps en contact de ces micro-organismes. Et contrairement une image large ; une idée largement répandue ; être en contact avec un maximum de ces micro-organismes est le propre de notre nature et c’est extrêmement important pour nous d’avoir cette diversité. On parle de l’importance du microbiote digestif, mais du microbiote, il y en a partout, sur la peau, dans nos voies respiratoires, au niveau de la vessie, sur notre peau, l’intestin, bref, il y en a plein. Et plus il va être varié, mieux ce sera. Et donc le fait d’aller cueillir la plante déjà, je vais enrichir mon microbiote cutané. Je ne sais pas si tu as déjà eu l’occasion de le dire – si tu ne l’as pas dit, tu le vis tellement sur ta chaîne – mais mettre les mains sur la terre est profondément thérapeutique dans le sens où c’est extrêmement puissant sur la variation des différents microbiotes cutanés, puisque ça va leur donner une richesse que les lavages au gel hydroalcoolique et autres savons vont faire disparaître. Donc déjà le fait de cueillir, ce premier acte, c’est là et ensuite le fait de consommer, alors soit je les mange crues, soit je les fait cuire, mais je sais bien que toi tu aimes bien aussi quelquefois juste les faire juste blanchir et puis on va juste les prendre comme ça, on garde toutes leurs valeurs ; et bien, ça fait aussi qu’on va garder une grande partie de leur microbiotes et tout ce que je vais pouvoir garder en fait et bien il va rentrer en contact avec mon propre microbiote buccal, œsophagien, stomacal, gastrique, intestinal etc. Et bien, le fait qu’il réponde avec mon microbiote va l’activer, le mettre un petit peu en joie comme quand vous êtes en fête et que vous allez rencontrer de nouvelles personnes. Ah voilà, on ne se reverra jamais mais je suis content de t’avoir vu. Et voilà ; le microbiote il fait pareil : quand il voit une nouvelle bactérie ou une nouvelle levure qu’il n’a jamais vu, il dit :  »Tiens ! Ah, quelqu’un que je ne connais pas ! », et il y a des relations qui se créent. On parle d’une fonction parabiotique. On parle souvent de probiotique. Probiotique, c’est : je vais manger des levures, des bactéries pour ensemencer. Très honnêtement, ça ne marche pas beaucoup. On en parle beaucoup, mais ça ne marche pas beaucoup. Tout simplement, il faut compter plusieurs centaines de milliers de milliards de bactéries à l’intérieur du corps. Quand vous en prenez par voie buccale, en petite gélule, vous en avez tout au mieux quelques centaines de millions, voire, allez quand vraiment vous y allez fort, on peut arriver à quelques milliards, mais pas beaucoup plus. En ordre de grandeur et bien, c’est, vous êtes de la taille d’une fourmi et enfin, voilà, c’est, les bactéries que vous donnez c’est la taille d’une fourmi, et vous voulez recouvrir un chêne centenaire, pour faire un peu près un ordre de grandeur, et encore ; ce n’est même pas une fourmi c’est plus petit qu’une fourmi, c’est un acarien ; donc on n’y est pas ! Et donc, on parle de la fonction probiotique et la fonction prébiotique, où là, on va venir nourrir le microbiote, c’est les kombucha, tous les fermentés en fait, le lait ribot, ce type de produits, …

Nathalie : Oui, les légumes lactofermentés.

Loïc : Voilà ; je cherchais le mot ; les légumes lactofermentés, et tout ça ; donc ça c’est prébiotique. Et il y a parabiotique, en fait c’est entre les deux. C’est-à-dire qu’on va apporter des bactéries, mais ces bactéries ou levures etc., j’ai utilisé le terme générique ; elles ont la particularité à la fois de nourrir : fonction prébiotique et d’ensemencer : fonction probiotique, et d’activer. C’est celle où je dis :  »ça met en joie le microbiote présent ». Donc cueillir des plantes médicinales, si vous n’aviez pas eu assez du discours de Nathalie pour l’entendre, c’est fondamental.

Nathalie : Oui, c’est super ; c’est passionnant ! Cet aspect-là, c’est vrai que je ne l’ai pas encore abordé sur la chaîne et c’est quelque chose qui est très peu abordé en fait. Ce que j’ai déjà entendu, l’intérêt de manger les plantes sauvages comestibles aussi, par rapport à la présence de levure etc., ça serait que, parfois, il y a souvent cette question par rapport à la vitamine B12 pour les personnes qui mangent végétarien, végétalien que, il peut y avoir des traces de vitamine B12 grâce à ces levures qui sont dessus. Voilà. Mais là, tu abordes vraiment quelque chose de super intéressant qui peut aussi, quelque part, donner une petite explication supplémentaire à cette joie qu’on peut ressentir à cueillir les plantes sauvages ; à cette sensation d’être vraiment en lien, d’être dans la nature, pas en tant qu’étranger, étrangère ; mais voilà, d’en faire partie. C’est peut-être aussi toutes ces subtilités dont tu parles qui en font partie parce que, voilà, en touchant les plantes, la terre et en mangeant les plantes, on n’est pas uniquement en contact éphémère, mais vraiment en interaction extrêmement intime en fait, avec tout ce monde.

Loïc : Oui, et ça va même un petit peu plus loin que là, parce qu’on a parlé de contact physique avec la plante, mais le fait même en fait de marcher. Alors c’est encore plus vrai dans une forêt, dans un bois, puisque c’est plus puissant avec les arbres encore. Il y a ce qu’on appelle des phytoncides, je ne sais pas si c’est un nom qui t’est familier ; qui sont en fait des composés volatiles avec lesquels on rentre en interaction. Aujourd’hui, on est encore un petit peu encore en peine de savoir exactement quel est l’impact précis physiologique que ça a sur l’organisme. Mais toujours est-il que ce que l’on remarque, c’est que ces molécules volatiles que l’on va rencontrer en marchant, en foulant des plantes, en étant proche des arbres etc. vont avoir une action sur le système immunitaire. Et notre système immunitaire, c’est ; nous en permathérapie, on dit qu’il a une fonction de régulation. Souvent, on présente le système immunitaire en disant que c’est un système guerrier qui va détruire le méchant et qui va ne garder que les gentils. Ça un petit peu manichéen comme vision. Voilà, il y a les gentils d’un côté et les méchants de l’autre. Dans la vie, ça ne fonctionne pas tout à fait comme ça. Mais on le voit plutôt comme une régulation de population, c’est-à-dire qu’il y a des populations qui se développent dans mon environnement et tant que les populations en fait se développent de manière harmonieuse, elles peuvent se développer lorsque – une petite parallèle, je renvoies à des cours de biologie, il me semble que c’est en 6e qu’on voit ça, mais voilà, quand on met dans la boîte de Pétri et qu’on met les bactéries, elles se développent, elles se développent et puis quand elles arrivent sur les bords de la boîte de Pétri et bien, elles arrêtent de se développer. Elles disent :  »C’est bon, on n’a plus de place, on arrête de se développer ». Ce que fait la nature assez spontanément, l’humain à un peu du mal à faire. Quand il n’a plus de place dans un environnement, nous on va construire. La nature, elle dit « OK, j’arrête de me développer parce que je n’ai plus de place. » Et dans notre intérieur, dans nos différents environnements, ça fonctionne comme ça. C’est quand il n’y a plus de place, on arrête de se développer, on dit « OK, il n’y a plus de place. » Sauf que, dans notre environnement, il y a beaucoup de place et à l’intérieur, il peut y avoir de la concurrence et à un moment donné, il peut y avoir une bactérie ou un virus, ou quoi que ce soit qui déborde de cette place. Et c’est là qu’il y a besoin de régulation de dire « OK, là il faut moins, là il faut plus ». Et ce qui est assez beau dans ce que tu dis, c’est qu’on peut le voir effectivement dans la relation qu’on a établi avec nos notre environnement, mais que la nature aussi, être en contact avec elle, nous amène à reprendre notre place dans cette régulation, dans le fait de ce que je vais pouvoir consommer, combien je vais pouvoir en consommer, qui sont des choses très intellectuelles au début ; la quantité, voilà, c’est très mathématique et c’est très cognitif. Alors que, au final ça, on va le ressentir profondément en disant :  »Voilà quelle est ma place ? » Et ma place dans cet environnement et bien elle est aussi gérée par cette régulation que j’ai avec l’extérieur. Je ne sais pas si je vous ai perdu, j’ai essayé de faire plus mais les phytoncides agissent sur notre système immunitaire et donc on envisage la régulation avec notre environnement différemment.

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Nathalie : Oui, je sais qu’on peut, notamment, il y a des études au Japon, je crois, qui ont montré que ça on peut le mesurer avec les lymphocytes qui font partie de ce système immunitaire, les lymphocytes qui sont augmentés au maximum lors d’une balade en nature ou lors d’une demi-journée en nature, ça augmente, ça se multiplie par 4 ou un truc comme ça.

Loïc : Les fameux bains de forêt en fait, ce qu’on appelle les bains de forêt, mais en fait ça, ne serait-ce que se promener en pleine nature, même s’il n’y a pas une forêt au sens propre du terme et bien, on a déjà cet effet-là. Les arbres amplifient cet effet-là mais on l’a partout où on se balade en forêt, donc partout on peut faire de la cueillette.

Nathalie : Oui. Donc, on a parlé de nutriments, on a parlé de micro-organisme, échange entre microbiotes. On a on a parlé de système immunitaire.

Donc tout ça qui est apporté par les plantes, il y a aussi cet aspect  »’principe actif ».

Loïc : Oui. Alors, ça c’est quelque chose qu’on aborde peu en permathérapie, le principe actif. Non pas que ça ne nous intéresse pas ; juste, il arrive en en dernier dans notre regard. Qu’est-ce que je veux dire par là ?

On considère que – et je pense que ça va te parler et que ça va probablement vous parler à toutes et tous – c’est que, ce qui soigne en premier, c’est la relation. La relation que j’établis avec le soignant, la relation que j’établis avec mon propre corps, la relation que j’établis avec le traitement ou l’aliment que je vais prendre ; la relation que j’établis avec la plante que je rencontre lorsque je vais la cueillir. Cette relation, elle n’est pas neutre dans le soin. Elle joue un rôle fondamental parce qu’elle assure la concordance en fait. On parle de la concordance d’intention entre la plante ce qu’elle peut faire, sa potentialité et moi, ce que j’attends d’elle. Parce qu’elle, elle ne l’a pas fait pour moi, elle l’a fait juste pour elle. Juste, j’attends quelque chose d’elle quand je vais la prendre. Donc il y a déjà ce premier niveau, qui peut paraître très nébuleux, mais qui pourtant est fondamental, au même titre que lorsque vous allez voir votre soignant, un médecin ou que sais-je encore, si vous y allez en disant ce mec-là je ne peux pas l’encadrer.

Ça ne part pas d’un bon pied.

Il pourra être le meilleur du monde, il pourra être super efficace, super pertinent etc. vous ne verrez que le côté négatif, vous ne retiendrez que ça. Et vous pouvez prendre la plante la plus adaptée, celle qui vous correspond le plus. Si à ce moment-là, la relation vous n’arrivez pas à l’établir, quels que soient les motifs, à un moment donné, vous ne verrez pas ce qu’elle peut vous apporter. Ça c’est déjà un premier point. Et puis nous, en en permathérapie, on va partir de -j’ai parlé des dynamiques – mais on a d’autres éléments lecture comme les tendances qui nous permettent de voir quel est le meilleur moment pour utiliser un traitement ou au moment où j’en suis, quel est le traitement le plus adapté ? Au moment où j’en suis dans la pathologie ou dans l’état dans lequel je suis. Et en fait, tous ces éléments-là, on va les regarder en premier. Alors, on va regarder ce qu’on appelle les constituants : de quoi je suis fait, quelle est ma vitalité, comment elle bouge ? Voilà, dès qu’il y a un coup de froid, j’ai tendance à être gelé, être frigorifié. Ou au contraire, moi je vais rapidement avoir beaucoup d’énergie et puis aller à l’action, où je vais passer, dès que j’ai un problème qui s’arrête, j’ai un nouveau problème qui apparaît ou les choses vont très lentement. Tout ça c’est, je suis comme ça et c’est ma façon d’être au monde. Ça c’est constituant. Je suis fait comme ça. On va regarder les dimensions. Les dimensions c’est, qu’est-ce qui m’importe à ce moment-là dans ma vie ? On a cinq grandes dimensions. Dimension physique, émotionnelle, relationnelle, historique et de sens. Et il y a des moments de ma vie où la question du pourquoi va prédominer partout. Pourquoi il m’arrive ça ? Pourquoi j’ai encore ça ? Et puis il y a d’autres moments en fait ; bon, c’est le cadet de mes soucis. Et je vais plus être impacté par quelle relation j’établis ? Ou lorsqu’on va dire « Ah oui, mais tu vas être malade ? » « Ah oui, mais je ne vais pas pouvoir retourner au boulot et puis je ne vais pas pouvoir voir untel, et puis je ne vais pas pouvoir faire ça… » Enfin voilà, c’est la relation qui va primer. Ou d’autres moments, ce sera plutôt les émotions, etc. chacune. Et ces dimensions elles sont importantes parce que, c’est notre œil du moment. Comment je vois les choses ? Voilà, à ce moment-là, quel est le le regard que je porte ? Surtout sur ce qui m’arrive. On va poser aussi les dynamiques – on les a vues : nourrissantes, stimulantes, apaisantes, agradantes, dégradantes. Et dans quel élan j’ai besoin de me positionner ? Est-ce que j’ai besoin de reconstruire des choses à l’intérieur de moi ? Donc ; agradantes. Ou au contraire, est-ce qu’il va peut-être falloir que je réorganise parce que, il y a un peu trop de trucs là. C’est ça un petit peu donc, j’ai besoin de revenir à l’essentiel. Donc ; dégradante. Et puis on va regarder les tendances. Et en fait tous ces éléments-là, on les regarde. On en a quelques autres, quelques-uns en plus mais voilà, on regarde ces éléments-là. Et une fois qu’on a ça, on va regarder dans les plantes qui vont avoir ces indication-là, etc. Ah ! J’en ai oublié un hyper important. Quel système est concerné ? On a parlé du système immunitaire, mais on a aussi le système nerveux, le système hormonal. Et nous, on considère quatre grands systèmes fondamentaux sur lesquels on travaille. Donc immunitaire, nerveux, hormonal et tenségral. Le système tenségral, c’est tout ce qui va concerner les os, les muscles, les ligaments, les fascias. C’est ce qui met mon corps en relation. Il me met en relation avec toi parce qu’il va me permettre de me déplacer vers toi ou m’éloigner. Mais il met aussi toutes mes structures entre elles. Il fait que mon quand je me déplace comme ça, je n’ai pas mon cœur qui reste dans un coin ou mon foie qui part de l’autre côté. Tout ça est bien dans le même angle. Mais souvent ce que je dis, c’est qu’on a toujours la même distance entre deux doigts mais quelquefois au milieu ça peut être un peu serré. Donc ce système tenségral, il bouge, il est quand même en mouvement tout le temps. Donc on a ces quatre systèmes-là et donc on va aller regarder nos quatre systèmes, nos tendances, nos dynamiques ; tous ces éléments-là. Ça, ça nous permet de faire ce qu’on appelle le design personnel. Et à partir de là, une fois qu’on a tout ça, on ira voir les indications et donc les principes actifs. Donc tu vois, ça arrive tard dans le raisonnement. Parce qu’on va retrouver un certain nombre de plantes où on aura des indications qui seront claires et d’autres où c’est un peu flou. On en parlait tout à l’heure hors caméra. Je te donnais un exemple un petit peu amusant d’un monsieur qui venait me voir pour des problèmes de déchaussement dentaire parodontite si vous voulez le terme technique ; peu importe. On fait le design personnel, je vous épargne l’heure de consultation, mais on fait le design personnel et en fait au final, moi ce que je lui ai conseillé c’était de la racine d’ortie. Vous pourrez aller voir dans les livres, etc. La racine d’ortie n’a pas du tout cette indication. Enfin moi je ne l’ai jamais vue, si elle existe. Cependant elle avait la bonne dynamique, la bonne tendance. C’était le bon système enfin, tout collait bien. Juste il n’y avait pas forcément cette indication. Là, j’avais deux choix de me dire « Ah oui, bon ben mon bilan n’est pas bon. C’est les livres qui me disent ce à quoi elle sert qui sont justes. » Ou de me dire « OK, je m’appuie sur le bilan, on va déjà en fait voir comment il rentre en relation avec cette plante-là ; comment ça lui permet d’évoluer et à partir de là, j’ajusterai. » J’ai évidemment choisi la deuxième solution, et en fait, ça a permis d’améliorer considérablement la situation. Après, on a réajusté mais en fait, on n’est pas passé sur :  »j’ai ce symptôme-là » mais plutôt :  »j’ai ce terrain-là, cette situation-là ». Donc je vais chercher la plante qui correspond à ce terrain-là, cette situation-là et ensuite je vois si – Ah oui dans les différentes plantes-là, parce que, une fois que j’ai fait tout ça, je j’ai une grande liste de plantes ; j’en ai 5, 6, 7, 8 et je vais dire :  »OK, laquelle correspond mieux à la personne ? »

Nathalie : Oui, on voit très bien là une autre manière de faire que la médecine classique qui regarde symptômes et traitements et là, non, on regarde la personne dans tous ses aspects, au moment où elle est, avec son physique, son mental, son émotionnel, son historique, son culturel, ses relations, etc. Et à partir de là, le plus adapté, que ça soit les plantes ou autres d’ailleurs dans les choix de traitement ; mais si on reste dans les plantes

Maintenant, quand on regarde les livres de phytothérapie, voilà, on a toujours la liste : telle plante elle est bonne pour… elle stimule le système immunitaire, elle est bonne pour les articulations, elle est antidépresseur, elle est etc., etc. Bon, souvent même ça part dans tous les sens et puis je me dis :  »Mais elle est bonne pour tout cette plante ! » Alors, comment tu arrives, toi ? Comment tu es arrivé à savoir bon dans tel cas : OK, je vois la personne dans tout son ensemble, dans sa globalité. Comment je sais quelle est la bonne plante ?

Loïc : Alors le début de mon questionnement, il était le même que le tien. C’est à dire que, voilà, je commençais à m’intéresser aux plantes assez tôt ; bientôt 30 ans. Et lorsque je regardais les livres de phytothérapie et bien j’arrivais avec des listes longues comme un jour sans fin, voilà, d’indications effectivement des fois extrêmement diverses, avec des des choses, mais voilà, elle agit surtout finalement, je prends ça et puis ça guérit toutes les maladies. Et j’avais encore à l’époque eu une vision très problème / solution. Voilà, une vision, j’aime dire très pharmaceutique puisque c’est comme ça que la pharmacie a été développée. C’est-à-dire qu’on a un problème, on veut le moins de molécules possible, le moins de doses possible, le plus rapidement possible régler le problème avec une molécule. C’est comme ça fonctionne la pharmacie. Ça marche pour pas mal de trucs. Donc ce n’est pas si mal. Juste ce n’est pas comme ça que fonctionne la nature puisque, il n’existe pas une plante qui n’a qu’une seule, qu’un seul principe actif. Ça, ça n’existe pas. Aucune exception même à cette histoire-là. Et donc je me suis dit :  » On va prendre les choses dans l’autre sens ». C’est-à-dire au lieu de partir des indications de me dire « OK, comment agit la plante ? » Un peu la logique homéopathique. Je ne sais pas si tu connais un petit peu l’histoire de l’homéopathie. Dans l’histoire de l’homéopathie, Hahnemann et puis ses confrères, lorsqu’ils ont développé cette approche-là, ils se sont dit « OK, comment ça agit sur moi ? Et à partir de quelle réaction ça crée en moi et à partir de ces réactions que ça crée en moi et bien, je vais en déduire, une fois dilué, l’action que ça va avoir ». Je vais prendre le truc à l’envers, me dire :  »Voilà, qu’est-ce qu’elle crée en moi cette plante ? ». Et la première des choses, ça a été de goûter, de tester, d’observer. Je disais tout à l’heure que j’avais fait un petit peu de botanique pour comprendre en fait la plante, mais pas pour l’enseigner. je pensais en botanique ou en cueillette. Donc l’identification, elle me servait plus à me dire :  »Tiens, elle est dans ce type d’environnement. » Comme par exemple, l’aulne glutineux, il se développe dans des environnements qui sont plutôt très humides et il va apprécier en fait ce côté humide et dans son développement à l’intérieur d’un écosystème, c’est un des premiers. Alors, ce n’est pas le tout premier, mais c’est un des premiers qui va apparaître. Dans un lieu qui va devenir humide, c’est un des premiers qui va se développer. On a ce côté-là d’action un petit peu  »tout de suite », quoi.

Nathalie : Pionnière.

Loïc : Oui, pionnière, je cherchais le mot ; exactement. Il a cet aspect-là, et, de prendre ça, ok ; maintenant que j’ai ça, comment il agit quand je le prends ? On va rester sur le l’aulne glutineux. Dans ces différentes actions, il en a une qui peut être très intéressante sur le système nerveux. Et ce qui est amusant, c’est qu’il va avoir une tendance infection. C’est-à-dire qu’il a en quelque sorte une tendance que je pourrais appeler pionnière, pareil, tu vois, c’est à dire qui va agir quand ça émerge, quand ça apparaît, quand il y a cette espèce de réaction. C’est à dire c’est plutôt dans quelque chose qui va être réactif. Je suis passé un peu vite tout à l’heure sur les tendances, les trois tendances, infection, inflammation, sclérose. Infection, c’est : je réagis. Inflammation, c’est la tendance inflammation, ça ne veut pas dire qu’il y a un état inflammatoire. La tendance inflammation, c’est il y en a partout, ça bouge de partout. C’est en réactivité très forte. Et sclérose, tout s’est figé et il n’y a plus rien qui bouge. Si par exemple j’ai un mal de tête qui se déclenche, l’aulne glutineux – en particulier sous forme de bourgeon – sera très pertinent au moment de l’émergence. Lorsque c’est un mal de tête réactif. Et lorsque c’est un mal de tête réactif, lorsqu’on a une situation où les choses ont eu tendance à s’accumuler ; ce qu’on pourrait appeler les céphalées de tension, mais il y a plein de formes de céphalée de tension, mais ces trois éléments là, ça va me parler de la tendance : côté réactif, ça va me parler de la dynamique : on va avoir plutôt une dynamique dégradante ; il y a trop d’élaboration, donc il faut que je je fasse un peu le ménage dedans, et on va voir notre système avec le système nerveux, quelque chose qui va apparaître très vite. Et en fait, à chaque fois, de prendre dans la plante, à la fois elle, quand elle me parle d’elle dans son environnement et dans l’écosystème dans lequel elle se développe, et par rapport à ces indications. Et en fait, de faire le lien entre les deux et comment elle réagit à l’intérieur de moi ; et bien on a petit à petit, alors il y a certaines plantes où ça évolue, on a plutôt ça, mais un peu ça, parce que ce n’est jamais, dès qu’on commence à parler de plantes et alors de vivant, c’est terrible ; on n’a jamais de trucs tac, tac ; c’est toujours  »à peu près, ça dépend… » Mais voilà, là on le retrouve particulièrement ou voilà, où des fois on dit là c’est un petit peu entre deux mais c’est ok ; voilà deux possibilités, tant mieux ça me fait plus de choix. Mais a construit comme ça, petit à petit, une espèce de catalogue de plantes et derrière, il y avait cette idée-là de la permathérapie de agir local pour enfin oui, agir local pour agir global ; penser local pour agir global et dire :  » Ok, comment je peux aussi n’appliquer ça, finalement, que aux plantes qui sont ici. »

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Nathalie : C’est ça aussi une des recherches de la permathérapie. Comme on disait tout à l’heure, de ne pas aller chercher les plantes à l’autre bout du monde, mais de se servir de ce qu’on a autour de nous et de ce qui est dans notre environnement, et avec lequel on peut même éventuellement créer une relation directe en allant à la rencontre de cette plante-là.

Loïc : Oui, dans mon parcours, les premières formations que j’ai faites sur les plantes médicinales, c’était sur les huiles essentielles. J’ai commencé à me former sur les huiles essentielles et ça m’avait frappé le soir du premier jour de stage où je suis rentré chez moi et je me suis dit mais c’est amusant, j’ai découvert plein de plantes. Au début ça m’a fasciné. Enfin voilà, des plantes du monde et c’est vrai que dans les huiles essentielles et bien il y a peu de plantes qui sont des plantes locales. Passer le thym, le romarin, la lavande. Voilà, on va rapidement aller vers les mélaleuques, le tea tree, le nialoui, le ravinsar comme je disais tout à l’heure, mais les eucalyptus, voilà, on va aller vers ces plantes, ces plantes-là qui sont très intéressantes. Je serais bien mal placé pour dire le contraire. Elles sont très intéressantes. Cependant, en fait, il n’y avait pas, peu de plantes locales. Voilà, moi j’habite dans le centre de la France. Euh voilà, on commence à voir des champs de lavande par chez nous, mais c’est quand même très très récent, on va dire. Mais globalement, ce n’est pas ça qui prédomine. On a plein d’autres plantes. Et puis, à ça, est venu les recherches que j’ai pu faire et les formations que j’ai pu faire en en phytothérapie chinoise, en thérapie ayurvédique et d’autres types de médecine, où en fait, on me proposait des plantes qui venaient d’Inde, de Chine, ce qui est assez normal. Jusqu’à là, je n’avais pas de problème ; mais moi ça me posait un petit souci. Voilà, c’est quoi l’équivalent de cette plante-là chez moi ? Et c’était difficile en fait à trouver cette information-là. Donc petit à petit, en fait, a germé cette graine en moi et elle est venue s’enraciner profondément lorsque j’ai créé le premier sommet des plantes médicinales où lors des différentes interviews que j’ai pu faire et bien je me suis rendu compte que ce fil rouge apparaissait en fait dans les interviews que je pouvais faire, où il y avait chez toutes les personnes que j’avais pu interviewer, cette espèce de graine aussi qui avait germé de  »mais on pourrait faire avec des plantes locales ». Voilà, ce fil rouge en fait apparaissait petit à petit. Puis à la 2ème édition, j’ai eu l’occasion de discuter avec Aline Mercan, qui a écrit le manuel de phytothérapie écoresponsable ou écoresponsable de phytothérapie – si je crois c’est manuel de phytothérapie écoresponsable – et qui est venue enfoncer le clou voilà, permettre vraiment à la plante de se voir, en disant « Non mais, ce n’est plus possible, en fait, de penser comme ça. On doit changer notre regard sur les plantes qu’on utilise pour se soigner. Et, au-delà de ce que l’on mange au quotidien, de ce que l’on se soigne au quotidien. Et donc, ça a fini par, c’était déjà présent, puisque la permathérapie était déjà née à ce moment-là. Mais, ça a fini par boucler le tout en disant :  »Ok, on met de côté complètement les plantes exotiques et on se concentre vraiment sur les plantes auxquelles on a accès ». Alors évidemment, si on soigne ; si on est soignant dans une région exotique, tropicale etc, 

Nathalie : Oui, ça tombe sous le sens.

Loïc : Et bien dans ces cas-là, on va faire avec les plantes locales.

Mais nous ; moi ici, en France ou en Belgique, en Suisse et bien, j’ai des plantes qui sont différentes et donc je vais utiliser ces plantes-là en priorité.

Nathalie : Est-ce que tu peux nous décrire un peu ton parcours ? Comment tu es arrivé à faire ce que tu fais aujourd’hui ?

Loïc : Alors, je disais que j’ai commencé tôt, en fait à 13 ans. J’ai eu un accident de voiture et j’ai fait mes premières séances de kinésithérapie. J’avais un peu un intérêt pour la médecine chinoise, mais juste j’avais regardé Karaté Kid, quoi. Enfin pour ceux qui ont vu Karaté Kid, vous comprendrez. Voilà, avec ce côté un petit peu magique de sorcellerie. Il vient de faire un combat, il est au sol, hop, on lui met devant tous trois aiguilles, hop, il ressort, il est en pleine forme. Bon, un peu exagéré mais voilà, j’avais 13 ans, ça passe. Et donc j’ai fait mes premières séances de kinésithérapie et je me souviens très clairement, c’était fin janvier, je sors d’une séance, il fait très très froid et je me suis dit mais c’est ça que je veux faire, mais pas comme ça. Et j’ai eu cette idée-là de : c’est ça que je veux faire mais pas comme ça, qui a trotté dans ma tête pendant longtemps. Il y avait quelque chose du rapport au corps. En fait, il m’avait massé pendant la séance. Je m’étais cassé le bras, j’avais eu des broches. Enfin bref, donc j’avais un côté gauche qui avait été un petit peu chamboulé, on va dire. Et en fait, je me dis, mais il y a ce côté de la relation que ça a créé, au moment où en fait, il avait posé ses mains. Voilà. Mais c’était pas ; c’était non conscient totalement. C’était juste voilà, j’avais ça, mais pas comme ça. Cette phrase était très claire. Et puis, j’ai eu la chance de rencontrer celle avec qui je passe ma vie, qui est aujourd’hui ma femme, lorsque j’avais 15 ans. Et sa mère était – puisqu’elle est à la retraite désormais – homéopathe. Et moi, c’était un monde nouveau pour moi. Chez moi, il y avait de l’Imodium, du Synthol et de l’Advil. C’est à peu près tout ce qu’il y avait. Si tu avais besoin d’autres choses : tu attendras, ça passera. Voilà, c’est comme ça qu’on soignait chez moi. Et deux trois pansements et voilà. Donc homéopathie, je ne sais pas trop ce que c’était pour moi. Homéopathie, ostéopathie, vétérinaire, tout ça, c’était pareil ; tout ça dans un grand sac. Et donc j’ai eu l’occasion de discuter avec elle etc. et de découvrir qu’il y avait d’autres façons de soigner, de penser le soin. Et à partir de là, j’ai décidé de passer mes vacances entre mes 15 et mes 20 ans, toutes mes vacances, ça me permettait de ne pas aller travailler à la boutique. Mes parents étaient boulangers, donc ça m’évitait d’aller servir à la boutique ; de passer mes vacances en en stage. C’est chez des soignants, de tout horizon différent. Voilà, très conventionnel ou pas du tout conventionnel, voilà. Et puis j’ai fait ma première année de médecine. Je n’ai pas souhaité faire médecine après parce que la philosophie des médecins ne me convenait pas. J’ai souvent dit :  »J’aurais bien fait médecine mais il y avait beaucoup trop de médecins pour moi ». Voilà, il y avait une philosophie qui ne me convenait pas. Donc mon premier choix c’est porté sur kinésithérapie, en me disant, voilà, j’aurais quand même des connaissances ; c’était surtout ça qui m’intéressait dans médecine, c’était les connaissances que ça pouvait m’apporter. J’ai fait mes années de kiné et pendant mes 4 ans d’études, j’ai fait tout sauf ce qu’on me demandait de faire. J’ai exploré, j’ai essayé des trucs, je lisais des bouquins et après j’allais voir mes patients, je leur disais :  »Voilà, alors j’ai lu ça ; est-ce que ça vous convient si on essaie ? » S’ils me disaient non, je faisais comme je devais faire. Mais le plus souvent, ils étaient curieux comme moi, mes patients, donc ils aimaient bien ; allez on va essayer. Et puis on essayait. Alors des fois ça donnait des super résultats. Des fois, bof, pas terrible. Non, pas terrible. Ok, on essaie autre chose, et puis le soir je relisais un bouquin et puis on réessayait le lendemain un autre truc. Voilà. Donc j’ai fait beaucoup d’essais-erreurs, beaucoup avec de la thérapie manuelle au début et puis après, j’ai introduit, petit à petit, d’autres éléments ; des outils, des conseils d’hygiène de vie et puis les plantes, qui étaient un petit peu en toile de fond sont venues aussi se greffer petit à petit à ça. Et dans mon parcours, une fois que j’ai fini mes études de kiné, et même un petit peu avant de terminer mes études, j’ai un petit peu anticipé le truc, j’ai commencé à me former à des approches où on me disait « Oh surtout faut pas y aller là-bas, c’est des euh… comment disait mon prof d’anatomie ? C’est des marabouts. Faut pas y aller là-bas, c’est des marabouts ». Donc forcément, moi, on me dit « T’y vas pas ! » donc, j’y vais, naturellement. Et donc, je me suis formé à à la médecine chinoise, la réflexologie. la fasciathérapie, la microkiné, tout ça un petit peu en même temps. J’ai fait toutes les formations en même temps et puis je me suis dit aussi les plantes ; j’avais envie d’aller un peu plus loin ; voilà, j’avais appris dans des livres et donc j’ai commencé aussi à me former sur les plantes. J’ai passé 10 ans très très intenses, voilà, de formation et puis même au bout de 4,5 ans en fait, j’ai commencé moi à former aussi dans ces approches-là, ce qui est tout aussi enseignant ; former les autres, c’est aussi enseignant que d’être enseigné. Et puis j’ai mes patients qui ont commencé à me demander des conseils. J’étais officiellement installé en tant que kiné mais ils savaient bien que je faisais d’autres trucs. Ils voyaient bien que ça ne ressemblait pas à un cabinet bien normal quand ils venaient à la maison et puis que, quand on leur disait :  »Oui, alors il faut plier le genou à 80° après 6 jours, suite à cette opération-là, etc. que non, mais on va faire autrement ; on mesurera à la fin, mais on fera autrement ». Et que voilà, au bout de 6 jours on arrivait à 120° alors qu’on était censé faire 80 ; que ça passait tout seul quoi. Ils n’étaient pas inquiets mais ils voyaient bien que ce n’était pas pareil. Et donc, pour le coup ils ont commencé à me dire :  »Mais voilà, on aimerait en savoir plus. » Sauf que les consultations faisaient 1 heure ; c’était déjà long et donc j’ai proposé de faire des stages. J’ai organisé des stages où j’expliquais un petit peu ma façon de penser mais il n’y avait pas vraiment de nom dessus. Voilà, je pouvais parler de dynamique, de tendance, il n’y avait pas de nom. J’expliquais les trucs, mais sans nom. Et puis parmi ces personnes, il y a eu des soignants et puis il y a eu des copains, enfin bref et ils m’ont dit « Mais voilà, moi j’aimerais bien que tu m’enseignes ta façon de travailler. » Bah je fais comme ça, c’est évident. Enfin, tu vois bien là, il y a ça, il y a ça, il y a ça, il y a ça. Donc, on fait comme ça. Et puis c’est à partir de 2015 – 2016, à partir de là, à peu près, que j’ai commencé en fait à poser des noms parce que c’est quand même plus simple quand on a des noms. Bon, c’est comme ça que la permathérapie est née. Alors, au début, je n’osais pas, je n’en parlais pas ; je n’osais pas dire le nom. Je le disais que pour moi-même. C’était que pour moi, parce que je trouvais ça prétentieux de dire : » J’ai développé une approche de soin ». J’ai travaillé dessus ; maintenant j’arrive à le dire mais voilà… Et puis on me disait :  »Mais voilà, c’est proche de la médecine chinoise ». Je fais  »Oui, mais ce n’est pas de la médecine chinoise ». Enfin voilà, il se trouve que je suis aussi enseignant en médecine chinoise. Je fais très clairement la différence entre les deux enseignements. Deux choses qui sont différentes ; qui peuvent être tout à fait complémentaires, mais ce n’est pas la même chose. Et donc il y avait ce côté-là, un petit peu face aux grandes médecines, de dire :  »Voilà, tu as un truc, c’est un peu vertigineux ». Et puis, en fait, c’est un copain pharmacien, qui aujourd’hui est décédé, qui m’a fait passer le pas, voilà. Et toujours la manière de voir les choses légères quand toi tu les voyais les lourdes. Des choses très compliquées etc., c’est simple, tu le fais et voilà, et en gros, il me dit :  »Bah vas-y, quoi ! » Ok, et voilà, c’est comme ça que, j’ai osé commencer à parler de la permathérapie et qu’après voilà, j’ai fait mon livre, etc. et que je forme maintenant les praticiens. Donc, c’est une histoire un peu longue ; ça s’étale sur 30 ans à peu près tout ça.

Nathalie : Oui, tu formes des praticiens ; on trouve des informations là-dessus sur ton site

Alors, il y a Se soigner autrement, c’est plutôt pour les particuliers qui ont envie d’apprendre à se soigner autrement.

Loïc : Et Permatérapie.com, c’est l’institut international de permathérapie où là, effectivement on forme des professionnels, soit à devenir conseiller en permathérapie, pour animer des stages ou ce type de position ou pour donner des conseils ; ou praticien en permathérapie où là, c’est former pour être en en consultation.

Nathalie : Et tu as aussi rapidement abordé tes sommets sur les plantes médicinales qu’on trouve aussi ; auxquels on a accès sur ton site Se soigner autrement. Donc pour les personnes qui sont intéressées ; et ton livre Permathérapie aussi, aux éditions Guy Trédaniel.

C’était une première approche. Voilà c’est vraiment passionnant de voir les plantes et la relation avec les plantes à travers ton regard et le regard de la permathérapie. Voilà. Si vous voulez aller plus loin, je vous invite à aller voir les sites qu’on a cités, ta chaîne YouTube etc. et puis on va continuer cet échange, et la suite vous allez pouvoir la trouver justement sur ta chaîne YouTube qui s’appelle

Loïc : Se soigner autrement, tout simplement.

Nathalie : Merci Loïc pour cet échange.

Loïc : Merci à toi et puis on se retrouve tout de suite sur ma chaîne.

À tout de suite.

Nathalie : À tout de suite.

Vous pouvez voir la suite, Loïc qui questionne Nathalie, ici.

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