10 plantes sauvages comestibles en février

10 plantes sauvages comestibles en février

Qui dit qu’il n’y a rien à cueillir en février ? Je vous présente 10 plantes sauvages comestibles en février ! À cueillir et manger si vous êtes dans un région tempérée (à part en montagne ou dans le grand nord…).

Numéro 1 : les chatons de noisetier

Vous savez peut-être que les noisetiers (Corylus avellana) ont des fleurs mâles et des fleurs femelles distinctes : les fleurs mâles sont regroupées en chaton qui tombe et les fleurs femelles sont minuscules, aux fins pistils rouges et super jolies !

Ce qui nous intéresse pour la cueillette ce sont les chatons de fleurs mâles bien remplis de pollen. Celui-ci est est très riche en protéines (environ 20 %) et connu pour être immuno-stimulant. On va donc profiter des premières fleurs de l’année que nous offre le noisetier quand elles sont bien jaunes.

Chatons - plantes sauvages comestibles en février

Vous pouvez utiliser les chatons de noisetier fraîches ou séchées. Il vous sera utile de savoir quand-même que les chatons ont une petite amertume et sont une peu coriaces quand on les grignote tels quels. Hachées et mélangés à une salade par contre, vous pourrez profiter des bienfaits à l’état cru. Ou alors trempés dans le chocolat ! J’aime aussi en préparer un granola avec des noisettes (du même arbrisseau), des flocons d’avoine et des fruits secs.

Bien-sûr, vous pouvez aussi les faire sécher et utiliser les chatons secs et réduits en poudre dans vos crêpes, pains et pâtisseries.

Évidemment on ne cueille pas tous les chatons d’un même noisetier mais on en laisse aussi aux habitants de la forêt !

Benoite urbaine - plantes sauvages comestibles en février
Racines de benoite urbaine

Numéro 2 des plantes sauvages comestibles en février : la benoite urbaine

Dans la benoite (Geum urbanum), ce qui nous intéresse c’est sa racine ! Elle a un goût de clou girofle et contient la même substance que ce dernier : de l’eugénol. La racine est tonique, elle stimule l’ensemble de l’organisme, et elle est antiseptique. Hildegarde de Bingen l’appelait « benedicta », la plante bénie, en référence à ces nombreux bienfaits.

Le mois de février est un bon moment pour ramasser la racine de benoite. Vous pouvez l’utiliser fraîche ou alors la faire sécher et en parfumer de nombreuses recettes :

  • Des boissons réconfortantes en hiver avec d’autres épices comme la cannelle comme des graines de berce et des fleurs de reine des prés
  • Des sauces
  • Des pâtisseries
Pissenlit et sa racine
Pissenlit et sa racine

Numéro 3 : le pissenlit : feuilles et racines

En février c’est le moment de cueillir les racines de pissenlit (Taraxacum officinale) – et de profiter en même temps des premières jeunes feuilles ! Ouvrons la saison des bonnes salades de pissenlit qui nous aideront à démarrer le ménage de printemps dans notre corps ! Les racines y contribuent également et elles sont encore bien chargées en nutriments. Leur goût est sucré et amer à la fois, le côté sucré venant des inulines, des probiotiques favorables à la flore intestinale et de l’amertume qui stimule le foie.

Brossez les racines et coupez-les en morceaux pour les ajouter crues à une salade ou alors pour les faire revenir à la poêle. Vous pouvez aussi en faire le fameux café de racines de pissenlit, après les avoir torréfiées. La boisson ressemble à la chicorée que vous connaissez peut-être du commerce ; cette boisson étant produite avec les racines de chicorée, de la même famille botanique des Astéracées.

Comme avec les racines vous avez ramassé également la rosette de feuilles du pissenlit, autant en profiter également ! Choisissez les plus belles feuilles et préparez votre salade, faites-les braiser à la poêle ou ajoutez-les à vos soupes.

Bouquet de feuilles de cerfeuil des bois
Bouquet de feuilles de cerfeuil des bois

Numéro 4 des plantes sauvages comestibles en février : le cerfeuil des bois

Le cerfeuil des bois (Anthriscus sylvestris) est  une plante que j’utilise pendant tout l’hiver. Attention, on peut le confondre avec des plantes toxiques de la famille des Apiacées ! Si vous êtes motivé(e) à reconnaître cette plante, prenez le temps, commencez dès le printemps à étudier ce que vous pensez être le cerfeuil des bois et faites le tour du cycle de la plante, des feuilles au printemps aux fleurs et fruits en début d’été. J’ai écrit un article détaillé où je donne ces caractéristiques une par une et les confusions possibles (accompagné d’une vidéo).

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Mais une fois que vous êtes sûr(e) de vous, c’est génial car les feuilles de cerfeuil des bois sont présentes pendant tout l’hiver et nous apportent vitalité et fraîcheur aux plats de la saison froide . C’est pour ça qu’il ne pouvait pas manquer à ma liste des plantes sauvages comestibles en février !

Son goût est proche du persil et il peut être utilisé comme un légume et comme un aromate : pour agrémenter les salades, pour mettre dans vos quiches, vos légumes et soupes, au dernier moment dans vos céréales et cetera.

Laitue vireuse en rosette
Laitue vireuse (Lactuca virosa) en rosette

Numéro 5 : La laitue sauvage

Une bonne salade bien fraîche pleine de vitamines ! La laitue que je trouve le plus en février est la laitue vireuse (Lactuca virosa). Vous allez peut-être dire « mais n’est-elle pas toxique ? ». En effet, ce qui peut impressionner c’est que la laitue vireuse a servi dans des cures de désintoxication à l’héroïne car elle a des effets similaires à l’opium . Mais seulement une fois qu’on a concentré son latex – recueilli au stade avancé de la plante – en une substance appelée lactucarium !

Les feuilles séchées et consommées en infusion ont un effet calmant.

Jeunes comme ici au stade de rosette, en février, les feuilles ne contiennent que peu de latex. D’ailleurs vous pouvez le vérifier en les goûtant : il y a de l’amertume, certes (contenue justement dans le latex) mais elle reste agréable. Dans quelques semaines déjà ça ne sera plus le cas. La quantité de latex augmentera et avec le temps la laitue vireuse deviendra immangeable, tellement elle sera riche en latex, et amère.

Donc mon conseil, profitons-en maintenant en quantités raisonnables tant que la plante est jeune, peu amère et bien craquante !

Pour reconnaître la laitue vireuse, observez la nervure centrale à l’arrière des feuilles. Elle est dressée de petites épines, encore souples étant jeune. Pareil que sa « soeur », la laitue scariole (Lactuca serriola), comestible également.  (Vous trouvez un article au sujet des deux laitues ici.)

Carmanine - plantes sauvages comestibles en février

Numéro 6 des plantes sauvages comestibles en février : la cardamine hérissée

La cardamine hérissée (Cardamine hirsuta) est une petite plante annuelle en rosette, très précoce, qu’on voit parfois déjà fleurir en février !

C’est une plante de la famille des Brassicassés qui a un goût de cresson, légèrement piquant. Elle est super bonne en salade, dans de petites sauces crues qu’elle relève et aussi en soupe. Mais en cette saison je préfère la manger crue pour profiter de sa richesse en vitamines et en hétérosides sulfurés qui lui donnent le goût piquant et qui apportent plein bienfaits à l’organisme.

Ça vaut le coup d’observer les feuilles à la loupe parce que vous comprendrez pourquoi on a donné à la plante le nom de cardamine hérissée : elle porte plein de petits poils hérissés sur la surface de la feuille !

Station de mâche sauvage en hiver

Numéro 7 : la mâche sauvage ou doucette

Ça y est, on peut cueillir les petites rosettes de mâche (Valerianella locusta), riche en vitamines A, B et C et en mucilages. Grâce à ces derniers on arrive à bien digérer la doucetteadoucissante ! Elle est également riche en fer – qu’on arrive à bien assimiler grâce à la présence de vitamine C.  Février et mars sont la meilleure saison pour la cueillette de la mâche sauvage dont on coupe les rosettes avec un couteau, comme on coupe la mâche cultivée, semée au potager.

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Ail des vignesNuméro 8 : l’ail des vignes

L’ail des vignes (Allium vineale), une autre plante qui ne doit pas manquer dans la liste des plantes sauvages comestibles en février ! Il m’accompagne pendant tout l’hiver ! La plante ressemble à la ciboulette et a un goût proche entre ciboulette et vert de poireau. Nous sommes bien sûr dans la même famille botanique, et plus encore, dans le même genre que la ciboulette, l’ail des ours et toutes ces plantes au goût d’ail : les Allium. L’ail des champs, l’ail triquètre, le poireau des vignes et cétéra en font partie et sont également comestibles.

Pour reconnaître l’ail des vignes, outre l’odeur aillée, vous avez des feuilles semi-cylindriques. C’est à dire qu’elle ne sont pas cylindriques comme celles de la ciboulette mais vous avez un côté enfoncé en « rigole ».

J’utilise l’ail des vignes comme la ciboulette dans les salades, les petites sauces et si j’en trouve en quantité il m’arrive d’en faire même une sorte de fondue, comme la fondue de poireau.

Ficaire - cueillir au mois de mars
Feuilles de ficaire (Ranunculus ficaria)

Numéro 9 des plantes sauvages comestibles en février : la ficaire

Certaines plantes sont comestibles au début de leur développement mais toxiques plus tard. C’est le cas de la ficaire (Ranunculus ficaria). Et c’est pour cette raison que je vous la montre au plus jeune stade, au mois de février. La ficaire a des feuilles qui ressemblent un petit peu aux feuilles de violette mais elles sont toutes luisantes et ont un toucher légèrement caoutchouteux.  Elles peuvent avoir une tache foncée sur la surface de la feuille.

Au moment de la floraison, la ficaire développe trop de substances irritantes et c’est pour ça qu’il faut la manger avant sa floraison ! L’avantage est que la ficaire est riche en vitamine C !  Les fleurs se reconnaissent par leurs jolies étoiles de pétales jaunes. Donc une fois que la plante se met à fleurir on arrête de la cueillir et de la manger, on se contente de l’admirer !

Verre de sève de bouleauNuméro 10 : La sève de bouleau

N’oubliez pas qu’à la fin du mois de février vous pouvez déjà commencer la récolte de la sève de bouleau. À environ 1 mètre du sol, avec une perceuse à forêt bien propre, on perce un trou légèrement en biais vers le vers le haut. C’est par là que la sève de boulot va rapidement se mettre à couler. Vous insérez un petit tuyau que vous reliez à un récipient et vous récoltez la précieuse sève aux vertus drainantes ! Surtout, il ne faut pas prélever plus de quelques jours sur le même arbre et prendre soin de bien reboucher le trou avec un bout de bois de la même taille ! En plus vous pouvez y appliquer un peu d’argile ou de résine.

La sève de bouleau est riche en minéraux et contient un peu de sucre. Aussi pouvez-vous en préparer en sirop. C’est bien moins efficace qu’avec la sève de l’érable à sucre mais si après votre cure de sève de bouleau il vous en reste, alors pourquoi pas essayer ! Vous pouvez aussi faire fermenter la sève et en fabriquer une boisson pétillante.

J’espère que cette liste des plantes sauvages comestibles en février vous a donné des idées !

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