Mûres sauvages - photo Theo Crazzolara

Bienfaits des mûres sauvages et de la ronce

C’est la pleine saison des mûres sauvages. Quel plaisir de les ramasser, c’est tellement bon !

La ronce, qui porte les mûres, n’est appréciée qu’à cette époque, en fin d’été, où elle regorge des petits fruits sucrés. Le reste du temps, c’est une malaimée, pour ses épines, pour sa résistance, pour le fait qu’elle soit envahissante et qu’elle repousse dès qu’on la coupe.

Dans cet article, on va regarder la ronce dans ses détails, on va parler de ses vertus et de tout ce qui se mange dans la ronce (bien plus que les mûres) pour finir avec ma recette de la semaine, les muffins aux mûres sauvages.

 

La ronce commune

La ronce commune, rubus fruticosus, dont on parle ici, est en vérité un regroupement de nombreuses d’espèces et de sous-espèces très similaires les unes et les autres. Pour les distinguer, il faut être botaniste et passer des heures à observer tous les petits détails afin de les comparer. Par contre, toutes ses espèces s’utilisent de la même manière alors on va se contenter de regarder tout ce qu’elles ont en commun.

La ronce est un arbrisseau, c’est à dire une plante ligneuse à troncs multiples. Elle a de nombreuses ramifications dès la base qui deviennent ligneuses, ce qui veut dire qu’elles forment du bois.

Mûres sauvages
Rubus fruticosus

Des rameaux faits pour gagner du terrain

Les rameaux peuvent atteindre plusieurs mètres de longs. Ils sont anguleux et épineux. Chaque rameau ne vit que deux ans. La première année, il s’étale et la deuxième année, il devient un peu plus ligneux, il fait des fleurs et des fruits, et alors il sèche et meurt.

Si un rameau touche le sol, il s’enracine. On dit que le rameau est « radicant », de radix, racine. En fait, dans l’extrémité de la pousse, se trouve une hormone de croissance qui fait que, dès que le rameau touche le sol, des racines se forment et la ronce gagne en terrain.

Cette hormone de croissance peut nous servir en jardinage quand nous faisons des boutures.  Il suffit de cueillir des extrémités de rameaux de ronce, de les mixer avec de l’eau et de tremper ses boutures dedans pendant un certain temps avant de les planter. Cela va les aider à s’enraciner.

L’évolution vers la forêt

La stratégie de la ronce pour gagner du terrain fait que, si on le l’empêche pas, elle peut s’étaler sur des surfaces importantes en quelques années. Elle apporte, par ses ramifications entrelacées et serrées et par ses épines, une protection pour de nombreuses espèces d’animaux. Les oiseaux peuvent y faire leur nid tranquille et leurs déjections apportent des graines d’arbres qui s’installent au milieu des ronces et gagnent en terrain à leur tour. On est dans l’évolution vers la forêt.

Feuilles, fleurs et mûres sauvages

Les feuilles de la ronce commune ont 3 à 5 folioles et sont également épineuses. Le dessous des feuilles est blanchâtre.

La ronce fait partie de la famille des rosacées et a une fleur typique de cette famille : 5 pétales qui sont blanches ou rosées, 5 sépales et de nombreuses étamines. Comme les fleurs de pommiers, cerisiers et pêchers…

Le fruit, notre mûre sauvage bien aimée, est – botaniquement parlant – un ensemble de fruits, appelées drupes, serrés les uns contre les autres. Chaque drupe, donc chaque petite boule noire, contient une graine.

Du long chemin de la vie d'une mûre
De la fleur au fruit… Merci à Frédérique Clément pour cette photo

Passons aux utilisations…

Manger la ronce

Au printemps, on peut cueillir les toutes jeunes tiges, quand elles sont encore vertes et bien tendres, et que leurs épines sont encore molles. Il suffit de les éplucher et on peut en manger l’intérieur qui est juteux et fruité. Une fois épluchées, vous pouvez les couper en morceaux et mettre dans une salade de fruits, par exemple, ou alors les manger comme des asperges.

Les jeunes feuilles, quand elles sont, elles aussi, toutes tendres et leurs épines encore molles, peuvent être hachées et mangées dans des salades ou des mélanges comme du fromage blanc aux herbes.

Jeunes feuilles de ronce
Jeunes feuilles de ronce

Vous pouvez aussi faire sécher les feuilles et en préparer des infusions qui ont un bon goût fruité. C’est très agréable dans des mélanges de plantes pour infusion.

Certaines personnes font fermenter les feuilles pour les utiliser comme du thé. Il paraît que ça fait ressortir les arômes et que ça rappelle le goût du thé. J’essaierai avec les feuilles du printemps prochain. Promis, je vous raconterai ce que cela aura donné !

Les feuilles et racines de ronce en phytothérapie

Les feuilles de ronce et leurs racines sont aussi utilisées en phytothérapie pour soigner des diarrhées, des angines, des gingivites et des problèmes de retour veineux. Mais pour cela on va utiliser des quantités importantes de la plante, genre 40 à 50 g de feuilles sèches pour 1 litre d’eau. Cela représente un panier plein de feuilles fraîches !

Comme les feuilles et les racines sont très tanniques cela donne un liquide au goût âpre et astringent. Donc ça n’a plus rien de comparable avec notre petite infusion au goût fruité. Mais au contraire, on rentre dans des applications thérapeutiques où il faut bien maîtriser ce que l’on fait et ne pas faire de bêtises. Je vous renvoie vers les explications détaillées de Christophe Bernard qui est beaucoup plus expert que moi dans ce domaine.

Fleurs comestibles

Les fleurs de la ronce sont comestibles. Même si elles n’ont pas un goût transcendant, ça vaut la peine d’essayer en d’en décorer une salade par exemple. Rien que pour sensibiliser vos invités à la diversité des plantes comestibles dans la nature…

Les mûres sauvages en cuisine

Et puis, vient le moment de cueillir les fruits ! Alors là c’est un vrai régal. Les mûres sauvages sont sucrées, juteuses, fruitées. Elles sont délicieuses. Le seul bémol sont les petits pépins qui peuvent se coincer entre les dents. Personnellement, ce n’est pas ça qui va m’empêcher à renoncer au délice. Mais je connais des personnes que cela dissuade.

Pour se débarrasser des pépins des mûres, il y a deux méthodes : ou mixer et passer au chinois ou passer directement au moulin à légumes. Vous pouvez alors en faire du jus, du sirop, du coulis, des gelées, des entremets, de la liqueur, du vin…

Avec les mûres sauvages entières je réalise des tartes, clafoutis, gâteaux, cheesecake, crumbles, des desserts, smoothies et bien sûr les confitures… Les possibilités sont innombrables. J’aime bien en mettre tout simplement dans mon petit déjeuner. Parfois, ça va être un mélange de fruits de saison avec des noix et des amandes, parfois des céréales et des mûres, ou une tartine à la purée d’amande et aux mûres, c’est top ! Même pas besoin de confiture tellement elles sont sucrées !

Tarte aux mûres

Bienfaits des mûres sauvages sur la santé

Les mûres sauvages sont excellentes pour la santé. Elles contiennent des vitamines (surtout provitamine A, vitamines E et B), des minéraux (surtout magnésium et fer), des oligo-éléments (zinc, manganèse, cuivre) et des antioxydants comme les anthocyanes qui protègent l’organisme des radicaux libres et augmentent, de ce fait, notre immunité.

Pas besoin d’aller chercher au bout du monde des dernières baies exotiques à la mode… On a nos super-fruits gratuitement au bout du chemin !

Cueillette des mûres sauvages

Pour aller à la cueillette des mûres sauvages, mieux vaut être équipé. Depuis que je suis tombée en arrière dans les ronces en tenue légère d’été, je peux vous affirmer : ce n’est pas facile de se sortir le cul des ronces ! Maintenant j’y vais en jean et en baskets !

Il est préférable de mettre un pull qui ne craint pas les épines ni les tâches. Les anthocyanes sont bonnes pour la santé mais elles tâchent !

Pour récupérer les fruits, mieux est de s’équiper de boites ou d’un seau. Les sachets en papiers sont vite détrempés de jus de mûres dans le fond et colorient en violet tout ce qu’ils touchent… Ou alors on les pose les sachets remplis de fruits dans un panier avec du journal au fond.

Cueillette de mûres sauvages

Allez, je vous partage ma recette de muffins aux mûres (testée et approuvée par les copains).

Muffins aux mûres sauvages (sans gluten et sans lactose)

Ingrédients

  • 75 g d’huile de coco
  • 250 ml de lait végétal
  • 3 œufs
  • 250 g de farine de riz
  • 100 g de poudre d’amande
  • 100 g de sucre complet
  • 1 pincée de sel
  • 2 pincées de bicarbonate de soude
  • 350 g de mûres

Muffins aux mûres sauvages

Préparation

Dans un saladier, mélanger au fouet l’huile de coco (à température ambiante), les œufs et le lait végétal.

Mélanger les ingrédients secs (farine, poudre d’amande, sucre, sel et bicarbonate) et les incorporer au mélange liquide. (Dans ma recette de gaufres aux fleurs de pâquerettes, j’explique pourquoi et comment je remplace la levure chimique par du bicarbonate de soude.)

Ajouter les mûres.

Répartir dans une douzaine de moules à muffins (j’utilise de petits ramequins huilés et farinés) et faire cuire à 180° pendant environ 25 minutes. Il faut que la lame du couteau ressorte sèche quand on l’enfonce dans le gâteau.

Muffins entiers aux mûres sauvages

Cette recette est peu sucrée et se prête très bien à un goûter, un pique-nique ou, servi avec une petite crème, comme dessert.

Allez-vous toujours dire que les ronces c’est une peste ? Chaque plante a sa place dans l’écosystème. Et ce qui, de prime abord, paraît hostile, désagréable ou embêtant, peut s’avérer sympathique, généreux et plein de vertus !

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Je vous souhaite une bonne cueillette !

 

 

 

 

 

 

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3 thoughts on “Bienfaits des mûres sauvages et de la ronce

  1. Trop de sècheresse encore cette année, les mûres sont nombreuses mais complètement sèches et dures ! Heureusement, les feuilles sont magnifiques et j’en profite pour faire des provisions pour l’hiver. Vous avez raison, c’est délicieux en infusions, tout comme les feuilles de cassis et de framboisiers. J’avais tout testé l’année dernière !

  2. J’avoue, je l’ai un peu apprivoisée, la ronce et l’ai plantée sur mon balcon (une variété horticole, sans épines…). Depuis 2 ans elle me donne de jolis petits fruits sucrés et de l’ombre (c’est que ça pousse vite ces petites bêtes là…).
    Les feuilles de framboises en infusion, je connaissais, mais pas la ronce, je vais essayer. Et vraiment un super truc les hormones de croissance à utiliser pour les boutures. Merci!
    Amicalement
    Valérie

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