Fleurs de salicaire détail

La salicaire et ses bonbons

Au bord de l’eau et dans les milieux humides, on observe souvent, l’été, de grands épis floraux d’un beau violet-mauve qui dominent la végétation voisine. Pour celui et celle qui sait y reconnaître la salicaire, cette rencontre peut être l’occasion d’un petit en-cas ou de cueillettes pour de futurs usages.

Lythrum salicaria
Salicaire

Dans cet article, je vais d’abord décrire la salicaire puis aborder ses différentes utilisations.

Description de la salicaire

La salicaire aime avoir les pieds bien frais. Elle s’installe au bord des lacs et des cours d’eau, dans des prairies humides et en lisière de forêts alluviales. Elle atteint 50 à 100 cm de haut et fleurit de juin à septembre.

Si on regarde la salicaire attentivement, on se rend compte que sa tige a quatre angles. Elle est robuste, bien droite et rougeâtre. C’est seulement dans la parte supérieure de la plante que sa tige se ramifie.

Ses feuilles sont de forme lancéolée, en cœur à la base et elles sont sessiles. Ce terme botanique décrit le fait que les feuilles n’ont pas de pétiole mais démarrent directement sur la tige. Elles se présentent, la plupart du temps, de façon opposée sur la tige, c’est-à-dire une feuille en face de l’autre. Seulement rarement, on peut les observer en verticille par trois (3 feuilles posées en « cercle » à la même hauteur sur la tige) ou alors alternes sur la partie supérieure de la tige.

Feuilles et tige de salicaire
Feuilles et tige de salicaire

Les fleurs pourpres sont rangées en verticilles par 3 à 10 et forment un long épi allongé. Chaque fleur a 6 pétales qui donnent un aspect un peu froissé. La floraison d’une même plante dure plusieurs semaines sur le même épi floral. Pendant que se forment toujours de nouvelles fleurs au sommet, les fleurs du bas de l’épi sont déjà fanées et se transforment en fruit. L’épi floral peut alors facilement atteindre 40 cm de long et plus.

Fleurs de salicaire détail
Fleurs de salicaire

Etymologie

Le nom latin de la salicaire, lythrum salicaria, vient, pour le genre « lythrum » d’un terme grec désignant le sang rouge mêlé de poussière des champs de bataille. Pas très appétissant… ce doit être une personne traumatisée qui a associé cela au joli pourpre des fleurs…. Le nom d’espèce « salicaria », quant à lui, viendrait de « salix », saule, car les feuilles y ressemblent.

Les parties comestibles de la salicaire

Penchons-nous sur ce qui se mange dans cette belle plante…

Comme pour beaucoup de plantes comestibles, on peut consommer les jeunes feuilles. Elles ont une saveur fruitée, légèrement sucrée qui rappelle les fruits secs. Les feuilles de salicaire peuvent aussi être mises à sécher pour préparer une infusion au goût agréable.

On peut également consommer les jeunes pousses et les jeunes tiges épluchées, crues ou cuites. Il paraît que les pousses donnent une note fruitée qui rappelle la fraise aux spiritueux ou limonades. Je n’ai pas encore essayé mais ça va venir !

Colorer des bonbons avec les fleurs de salicaire

L’essai que j’ai personnellement fait c’est d’utiliser les fleurs pour colorer des bonbons. J’avais lu que les fleurs étaient jadis employées comme colorant en confiserie. J’ai alors fait une infusion de fleurs de salicaire pour me rendre compte du pouvoir colorant. Mais j’ai été déçue d’obtenir une infusion d’un gris pas très alléchant.

Après des recherches, j’ai appris que les confiseurs faisaient bouillir les fleurs pour en sortir les pigments avant de confectionner les bonbons. J’ai ainsi fait une décoction de fleurs de salicaire. Pour cela j’ai tout simplement pris des épis floraux que j’ai fait bouillir dans de l’eau.

En effet, ce procédé a vite donné une belle couleur rouge à l’eau. Je l’ai alors utilisée pour réaliser des bonbons. Voici ma recette :

Bonbons à la salicaire

Bonbons aux fleurs de salicaire

Ingrédients

  • 200ml d’eau
  • 20g de fleurs de salicaire (épi floral entier)
  • 2 cuillerées à soupe de jus de citron
  • Environ 100 à 150g de sucre

Préparation

Dans une casserole, porter à ébullition l’eau avec les fleurs de salicaire. Laisser bouillir environ 10 minutes. L’eau va prendre une couleur rouge-marron.

Filtrer pour retirer les fleurs.

Verser le jus de citron et peser le liquide (l’évaporation peut avoir réduit le liquide à moitié…) et mélanger avec autant de sucre : pour 100g de décoction utiliser 100g de sucre.

Remettre sur le feu et bouillir jusqu’à formation de bulles.

Faire alors un test pour savoir si le sirop est assez épais. A l’aide d’une cuillerée à café, verser une goutte sur un objet bien frais (idéalement une assiette sortant du réfrigérateur).  Si le sirop épaissi immédiatement (et devient dur après quelques minutes), c’est bon !

Verser alors, toujours à l’aide de la petite cuillère, des ronds de sirop d’un diamètre d’environ deux centimètres sur du papier cuisson (ou un tapis en silicone, par contre surtout pas du papier absorbant !) et laisser épaissir.

Après une dizaine de minutes, les bonbons sont durs et peuvent être décollés du papier cuisson. Ils ont un goût sucré (forcément…) et fruité.

Quelques précautions pratiques

Méfiez-vous, le sirop reste longtemps très chaud, ne léchez pas la petite cuillère qui peut être brûlante !

Attention, dès que le sirop fait des bulles dans la casserole, le moment où le liquide brûle au fond de la casserole est proche ! Alors méfiance… Il vaut mieux retirer la casserole du feu pour éventuellement la remettre si la consistance voulue n’est pas atteinte au lieu de se retrouver avec tous ses efforts partis en caramel cramé…

Bonbons aux fleurs de salicarire

Plante médicinale

Les sommités fleuries de salicaire sont employées en phytothérapie pour leurs propriétés astringentes et hémostatiques. Elles constitueraient un bon remède contre les coliques du nourrisson et les diarrhées des plus grands grâce à leurs tanins et autres constituants.

Envahissante en Amérique du Nord

Avant de conclure, je tiens à noter que notre belle salicaire n’est pas la bienvenue partout… Mes lectrices et lecteurs en Amérique du Nord ne la voient sûrement pas d’un aussi bon œil que nous en France. Car si elle a été introduite en Amérique au début du 19ième siècle, elle s’y est trouvée tellement bien qu’elle y est devenue envahissante et pose de gros problèmes écologiques… malgré sa beauté.

Ce qui n’empêche pas de la manger… bien au contraire !

Pour résumer, voici ma vidéo qui présente la salicaire.

A vous de faire vos expériences ! Partagez-les-moi en commentaire. Je serai ravie de vous lire.

A bientôt ! 🙂

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