Quelle belle image d’automne que de croiser le rouge vif des fruits d’aubépine ! Il faut chercher ces « cenelles » dans les haies ou en lisière de forêt où l’aubépine se plaît. Souvent elle est alors taillée et se fond dans la masse à côté des épines noires, églantiers, ronciers, sureaux et autres compagnons de la haie. Je me souviens par contre d’une magnifique aubépine qui poussait au milieu d’un pré en Auvergne. Elle avait eu le loisir de déployer toute sa splendeur en régnant seule sur ce pré : un tronc de bien 40 cm de diamètre avec une couronne arrondie splendide.

Ici une aubépine en fruits photographiée proche de la côte de la Manche en Picardie.
“Café” d’aubépine
Idéal pour récupérer les noyaux que l’on a gardé après la confection de la fameuse compote de cenelles ?

Après le passage des fruits au moulin à légumes (voir en haut), bien laver les noyaux, les étaler sur un torchon et les laisser sécher pendant plusieurs jours.

Chauffer une poêle à sec, verser les noyaux.

Les faire torréfier en remuant constamment avec une spatule. Les noyaux doivent être légèrement grillés sur l’ensemble de leur surface.

Passer les noyaux grillés au moulin à café.

Utiliser les noyaux d’aubépine torréfiés et moulus comme pour la préparation du café.
J’ai pour ma part utilisé une cafetière à piston : 4 cuillerées à soupe de noyaux torréfiés au fond de la cafetière, verser 1/4 litre d’eau frémissante, laisser infuser 5 minutes et faire doucement descendre le piston.

Verser dans des verres à café et déguster avec ou sans sucre selon vos préférences.
Même si on ne peut pas vraiment comparer le goût de cette boisson avec le vrai café, je l’ai trouvée très agréable. Il me rappelle le café aux céréales que je buvais plus jeune. La réaction de mon mari était plus réservée…il a trouvé le goût “âpre et bizarre”. Il faut préciser que contrairement à lui je ne suis pas buveuse de café du tout !
Conclusion
En conclusion je dirais qu’il faut plutôt voir cette boisson comme une tisane un peu corsée que comme Ersatz de café.
En tout cas, j’adore cette exploration qui m’amène à mieux connaître cet arbre que je connais depuis des années pour ces bienfaits pour le coeur.
J’ai encore une autre petite préparation en cours à base de ses fruits mais elle a encore besoin d’un temps de séchage ! Je vous en reparlerai bientôt !
Merci d’avoir lu cet article jusqu’au bout ! J’espère qu’il vous aura été utile. Parlez-moi de vos expériences avec les cenelles en commentaire. Et n’hésitez pas à en goûter lors de votre prochaine balade !
Si vous souhaitez en savoir davantage sur les fruits de l’aubépine, voici l’article complet
En ce qui concerne les recettes, j’ai déjà testé :
- Les verrines de faisselle à la compote de cenelles
- Les verrines de cenelles d’aubépine aux spéculoos
- Les feuilles d’aubépine en salade
Et pour enfin connaître la différence entre aubépine et prunellier, cliquez ici
A la semaine prochaine pour une nouvelle plante, un nouvel article !

Bonjour,
Récit de mon expérience en cette fin août 2025.
J’ai fait ma cueillette en forêt dans les Yvelines, en lisière de clairière. J’ai dû récolter de sur une quinzaine d’arbres différents car je n’avais accès qu’aux branches qui surplombaient le fossé en bordure de chemin. Au final, je suis repartie avec un contenant plein dans un pot de yaourt grec.
Premiers constats à la cueillette : d’un arbuste à l’autre, la taille des fruits variait beaucoup et dans l’ensemble ils n’étaient pas charnus et plutôt secs.
Gros travail d’équeutage.
J’ai investi dans une moulinette avec tamis , achat improbable pour moi ! J’avais relégué cet ustensile avec mépris, comme un dinosaure d’avant l’ère des mixeurs à bras plongeant et je n’avais jamais accepté de m’équiper avec. C’est en vous lisant que j’ai compris l’intérêt d’en posséder un pour séparer la chair des noyaux.
J’ai donc ravalé ma fierté et mouliné comme à l’époque où j’étais gamine. J’ai fait un bond de 40 ans en arrière. Ça m’a fait drôle…
Premières difficultés : j’ai obtenu une purée de type pâte de tamarin. C’était épais, j’ai vraiment ramé pour extraire cette pâte de mes cenelles cuites à l’eau 20-25 minutes. A ce stade, je n’imaginais même plus obtenir une confiture après cuisson au sucre. Je partais d’emblée sur une transformation en pâte de fruits. Mon astuce : sortir le contenu de la moulinette et le mouiller à l’eau bouillante. Ça permet de mieux détacher la chair des noyaux et de réhydrater la pâte avant de la mouliner à nouveau.
Au final, j’ai cuit au sucre une confiture à l’aspect de compote dans l’équivalent d’un pot de type terrine de foie gras. Donc beaucoup d’efforts pour très peu de rendement mais la satisfaction énorme de profiter de ce fruit offert par la nature.
Mes noyaux sont en phase de séchage pour de futurs « cafés ». Comme je bois des Ricoré, je ne devrais pas trop faire la grimace.
Merci pour ce partage d’expérience détaillé !!
Une astuce que j’ai apprise grâce à des personnes venant en stage chez moi : Pour faire une compote pomme cenelles nous avons cuit des pommes et des cenelles ensemble. Une fois cuit, nous les avons passé au blender. Brièvement et au ralenti, surtout pas plein pot dans un mixeur puissant car cela pourrait casser les noyaux de cenelles. Une fois fluidifié au mixeur il était beaucoup plus aisé de passer le tout à la bonne vieille moulinette pour séparer la pulpe des noyaux.
…Voilà, pour le retour de votre prochaine cueillette !