Compo oser utiliser les plantes sauvages comestibles

10 astuces pour (oser) utiliser les plantes sauvages comestibles

Utiliser les plantes sauvages comestibles dans votre cuisine vous fait envie ? Mais vous n’osez pas trop ? Vous avez peur de vous tromper de plante ? Vous ne savez pas comment les cuisiner ?

Je vous donne 10 astuces pour oser utiliser les plantes sauvages comestibles en toute sécurité.

Il est certain qu’avant de démarrer une cueillette, il faut être sûr de savoir ce que l’on ramasse. Confondre de l’ail des ours avec du muguet peut être fatal. Alors je comprends celles et ceux qui ont peur de se tromper.

Mais il ne faut pas s’en arrêter là ! Tout le monde peut apprendre et il y a des moyens simples qui peuvent vous y aider.

Voilà 10 astuces pour oser utiliser les plantes sauvages :

1) Faire la liste des plantes que vous connaissez

Vous savez forcément reconnaître certaines plantes avec certitude. Si vous vous êtes fait piquer plusieurs fois par des orties, vous savez sûrement les reconnaître. Le pissenlit, au plus tard quand il fleurit, vous savez que c’est lui. Vous aimez picorer des mûres au bord des chemins en fin d’été, c’est que vous savez les reconnaître…

Lors d’une balade, je suis sûre qu’à un moment ou un autre vous pouvez dire avec certitude : « ça c’est telle plante ! ».

Faites la liste des plantes sauvages que vous pensez reconnaître avec certitude. Mettez les plantes et aussi les arbres et arbustes. Peu importe si elles se mangent ou pas, on verra ça plus tard. Mais rendez-vous compte des connaissances que vous avez déjà. Vous allez peut-être être étonné.

On a tous un lien particulier avec certaines plantes liées à notre histoire. Cela peut être la pâquerette parce que, enfant, vous en avez tressé des couronnes. Ou le tilleul parce qu’il poussait devant la maison de vos grands-parents. Peut-être la violette parce que son parfum vous rappelle le parfum d’une personne aimée. Et cela vous aide à vous souvenir de cette plante.

Donc mon conseil est de prendre conscience de la connaissance que vous avez déjà.

Liste de plantes - pour utiliser les plantes sauvages comestibles

2) Le « regard amoureux » : Regarder les plantes de plus près

Ce qui est important pour l’identification des plantes, c’est d’observer les détails. Quelle est la forme des feuilles ? Sont-elles entières, découpées, ovales, longues, dentées ou pas, démarrent-elles en forme de cœur, terminent-elles en pointe ou en rondeur, ont-elles un pétiole ou pas, leur texture est-elle ferme, velue, lisse, poisseuse ? Les nervures des feuilles sont-elles renflées ou au contraire comme imprimées, parallèles ou font-elles un patchwork… ?

Regardez les plantes de près. Ce « regard amoureux » que vous allez poser sur elles va vous amener plusieurs choses :

  • Vous allez découvrir des merveilles méconnues, même sur une plante que vous pensiez bien connaître ! Le mouron blanc, par exemple, celui que vous arrachez par poignées de vos plates-bandes de fleurs, aviez-vous constaté qu’il avait une ligne de petits poils sur la tige ? Aviez-vous vu que chaque pétale est profondément incisé de sorte que l’on pense qu’il en a 10 alors qu’il n’y en a que 5 ? Vous étiez-vous rendus compte de la beauté de cette petite fleur si embarrassante ?
  • Vous allez entraîner vos yeux à bien enregistrer les caractéristiques d’une plante dans ces détails et dans son ensemble. Ceci va vous aider de mieux encore la reconnaître par la suite, la reconnaître plus vite, de plus loin et à tous les moments de son évolution. Par exemple si vous posez votre regard amoureux sur la violette au moment de sa floraison au printemps, vous allez bien repérer ses feuilles et vous pourrez, même à l’automne où elle ne montre que quelques feuilles, être certaine que c’est bien elle.
  • Vous allez mieux pouvoir distinguer deux plantes qui se ressemblent. Attentifs aux détails, vous allez vous rendre compte que cette feuille qui ressemble tellement à celle d’à côté est bien dentée, mais elle a les dents rondes alors que l’autre a les dents pointus…
  • Cela va vous être très utile pour l’astuce numéro 3.
  • Et… Je ne vous le cache pas, vous allez tomber amoureux.se bien des fois ! 😊
Lierre terrestre détail - photo Andreas Rockstein
Lierre terrestre, détail – photo Andreas Rockstein

 

3) Utiliser des guides de détermination simples d’usage

Vous avez fait la liste des plantes sauvages que vous connaissez, vous les avez regardées attentivement et amoureusement et vous connaissez maintenant chacun de leurs détails.

Vous hésitez encore ? Le mieux est de vérifier dans un guide de détermination s’il s’agit bien de la plante que vous pensiez.

Personnellement j’utilise

  • Le « guide des fleurs sauvages » de FITTER/FITTER/BLAMEY
  • Le « guide des plantes sauvages comestibles et toxiques » de François COUPLAN et Eva STYNER

Les deux guides sont disponibles aux Editions Delachaux et Niestlé.

Le guide des fleurs sauvages de Fitter/Fitter/Blamey est un ouvrage qui comprend les fleurs sauvages de la zone tempérée de l’Europe. Les plantes y sont classées par famille botanique. Chaque plante a son illustration en couleur et sa description : pilosité, hauteur, longévité, forme et disposition des fleurs, forme des feuilles, époque de floraison, fruits, habitat, distribution géographique.

Quand vous êtes devant une plante, comment utiliser ce guide ?

La clé principale du guide est basée sur la forme et la couleur des fleurs. Sur les premières pages du guide, on vous demande si les fleurs sont

  1. Grandes ou bien visibles,
  2. Petites, en capitules (inflorescence constituée de nombreuses petites fleurs serrées, regroupées dans un réceptacle commun) ou en épis, ou
  3. Petites, en grappes ou solitaires.

Disons qu’elles sont grandes et bien visibles. Dans ce cas, le guide vous demande de compter les pétales. Dans notre cas on va dire qu’il y en a 5. Vous allez à la page correspondante et le guide vous propose différentes formes de fleurs à 5 pétales (incisés, pointus, ronds…). Imaginons que nos pétales sont incisés. Dans la rubrique correspondante, le guide vous propose des fleurs rouges, oranges, jaunes ou mauves. Les nôtres sont jaunes. Vous y voilà : le guide vous propose le pourpier potager page 42, les potentilles page 118 ou les primevères page 184. Il n’y a plus qu’à vérifier sur les pages indiquées et à comparer les descriptions avec la plante que vous avez devant vous.

Une fois que vous avez déterminé l’espèce dont il s’agit vous pouvez vérifier dans le « guide des plantes sauvages comestibles et toxiques » de COUPLAN et STYNER si vous pouvez consommer cette plante.

Pour chaque plante, le guide va donner de nouveau une description, les principaux caractères d’identification, des confusions possibles, les utilisations alimentaires et les propriétés médicinales. Des planches où chaque plante est illustrée donnent également des informations sur les parties à cueillir, les moments de cueillette et l’habitat de la plante.

Guide utlisation plantes

4) Commencer par cuisiner les plantes que l’on connaît déjà

Commencez par réaliser une ou deux recettes avec une des plantes que vous connaissez. Plein de personnes me disent qu’ils savent que l’ortie se mange mais qu’elles ne l’on jamais fait.

Lancez-vous ! Faites votre première puis deuxième et troisième expérience. Si ça se trouve vous allez être enchanté et vous ferez des quiches d’ortie à tous vos invités pendant des mois… ! Ce serait dommage de se passer d’une telle découverte !

Et vous passerez de celui ou celle qui aimerait cuisiner les plantes sauvages à celui ou celle qui cuisine les plantes sauvages… C’est un sacré pas de franchi !

Une fois que vous vous êtes familiarisé avec une plante passez à une autre, toujours dans celles que vous connaissez déjà.

Salade de pissenlit
Salade de pissenlit

5) Faire des sorties avec des experts

Faire des sorties sur le terrain avec des experts en plantes sauvages est super intéressant pour progresser et gagner en confiance.

Cela peut en premier lieu confirmer vos connaissances. Vous pouvez lever des doutes sur certaines plantes pour lesquelles il vous manquait un certain détail pour l’identifier avec certitude. C’est l’occasion de poser des questions et d’avoir des réponses claires.

Et bien sûr vous apprenez à connaître de nouvelles plantes qui vous étaient inconnues jusque-là. Vous découvrez que telle plante a des utilisations que vous ignoriez… A chaque sortie votre « répertoire personnel » de plantes grandi.

Si vous êtes proches du Loiret, je serai ravie de vous rencontrer lors d’une des sorties ou stages que je propose : https://plantes-sauvages-comestibles.com/sorties-stages-degustations/

Si vous êtes trop loin, comment trouver les organismes qui proposent des sorties ?

Cherchez sur internet « sorties plantes », « balades nature » ou « stage plantes sauvages » dans votre région ou renseignez-vous sur les sorties nature auprès

  • Du Conservatoire des Espaces Naturels de votre région
  • des associations départementales et régionales de protection de la nature
  • du GRAINE (Groupement d’Animation et d’Initiation à la Nature et l’Environnement) de votre région
  • des Offices du Tourisme
  • de Tela-botanica dans la rubrique « Aller sur le terrain » https://www.tela-botanica.org/aller-sur-le-terrain/

Stages plantes sauvages comestibles

6) Se documenter : livres, blogs, sites internet…

Personnellement j’ai énormément appris par des lectures. Les guides dont je vous parle plus haut sont la base mais il existe une multitude de livres dans les rayons des librairies qui peuvent vous être utiles.

Certains livres sont plus spécialisées sur la reconnaissance, d’autres sont plus axés sur les recettes, d’autres encore englobent l’aspect culinaire et médicinal etc. Chaque livre a son angle d’approche. Vous en trouverez forcément un ou plusieurs adaptés à votre niveau d’intérêt et de connaissance.

Internet est également une mine d’informations. Abonnez-vous à des blogs (dont le mien bien sûr 😊) ou chaines YouTube (ici la mienne 🙂) qui parlent des plantes et qui publient régulièrement de nouvelles informations.

Parfois un doute sur une plante peut être levé par une recherche sur internet. Mais attention ! Croisez vos sources car tout ce qui est écrit ou dit sur internet n’est pas vérité… !

Livres pour apprendre à utiliser les plantes sauvages comestibles

7) Utiliser des applications

Il existe certaines applications mobiles qui peuvent vous aider à identifier les plantes comme PlantNet et les outils de Telabotanica. Vous prenez une photo la plus nette possible de la plante à identifier, vous indiquez s’il s’agit d’une photo de la feuille, de la fleur ou du fruit et vous envoyez votre recherche. L’application va comparer votre photo avec une base de données de photos importante et vous proposera une ou plusieurs plantes les plus proches de votre recherche.

En même temps, vos photos servent à enrichir la base de données dont les informations permettent par exemple à mieux déterminer la répartition d’une espèce.

8) Avoir toujours son matériel de cueillette sur soi

Cette astuce est un indispensable si vous voulez vous lancer dans l’utilisation des plantes sauvages. Ne sortez jamais en balade sans :

  • Un ou plusieurs sacs pour les cueillettes
  • Des gants qui vous serviront à la cueillette des orties ou de fruits sur des arbustes épineux ou pour ne pas vous salir les mains quand vous déterrez des racines
  • Un couteau de poche
  • Une petite pelle si vous avez l’intention de récolter des racines
  • Votre guide d’identification des plantes

Matériel de cueillette pour utiliser les plantes sauvages comestibles

On ne sait jamais sur quoi on va tomber lors d’une balade. Et même si cette-fois-ci vous vouliez juste faire un petit tour en famille, l’appel d’une belle station de plantes bien fraîches est parfois grand et vous allez regretter si vous n’êtes pas équipé.

Dans ce cas on a tendance à se dire « je vais revenir », mais qui est-ce qui trouve vraiment le temps pour le faire… ? Alors faisons en sorte de toujours être prêt !

9) Dans le doute, faire cuire !

Vous n’osez peut-être pas cueillir certaines plantes parce que vous avez peur de ramener avec vous des maladies ou vous craignez que les plantes soient polluées.

Pour cela évitez :

  • Les bords des routes (métaux lourds)
  • Les abords des champs récemment traités (pesticides)
  • Les chemins empruntés par les chiens
  • Les prairies pâturées par des vaches ou des moutons et les cours d’eau dont approchent ces animaux

Certaines plantes peuvent devenir dangereuses par les parasites qu’elles peuvent transmettre. Il s’agit de la douve du foie et de l’échinococcose.

La douve du foie peut être présente dans les plantes aquatiques poussant dans les cours d’eau en aval des lieux où pâturent des animaux.  Mais le simple fait de faire cuire les plantes élimine le risque de contamination.

L’échinococcose peut être transmise par les chiens, les chats et les renards. C’est pourquoi on incrimine parfois les myrtilles et les fraises des bois ainsi que les plantes poussant au ras du sol. Il n’y a pas lieu de paniquer, le nombre d’infections à l’échinococcose en France est très faible et elle touche surtout des propriétaires de chiens et de chats. Là aussi, en cas de doute, une simple cuisson des plantes suffit pour éliminer le risque de contamination.

Personnellement je relativise en me disant que les renards se baladent bien aussi la nuit dans des champs de salade. Alors pourquoi faire la différence entre la laitue que j’achète chez le maraîcher et le pissenlit qui pousse juste à côté ?

La règle de base est simple : si vous avez un doute, faites cuire !

Orties cuites et galette de pommes de terre
Orties cuites et galette de pommes de terre

10) Télécharger le livret gratuit « Les 10 recettes indispensables pour cuisiner les plantes sauvages »

Couverture cuisiner les plantes sauvages

Vous connaissez maintenant quelques plantes qui se mangent. Mais comment les cuisiner ?

Si vous n’avez pas encore reçu mon livret gratuit « les 10 recettes indispensables pour cuisiner les plantes sauvages » je vous conseille vivement de vous le faire envoyer.

Pour chacune de vos cueillettes vous y trouvez au moins une recette adaptée.  Sous chaque recette vous avez une liste de plantes avec lesquelles cette même recette est réalisable.

Les recettes sont simples à réaliser. Dans liste des ingrédients, je vous donne les ingrédients classiques ainsi que des variantes possibles. De cette manière, vous pouvez réaliser les recettes de plein de façons différentes. La même recette vous fera plusieurs rendus différents en fonction de la plante et des autres ingrédients choisis.

Vous pouvez demander le livret dans l’encadré juste en dessous de l’article.

A vous de jouer !

En suivant ces 10 astuces, il n’y a plus aucune raison pour ne plus utiliser les plantes sauvages comestibles dans votre quotidien.  Lancez-vous, commencez par ce que vous connaissez et allez-y petit à petit.

Bienvenue dans le plus grand potager du monde !!

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13 thoughts on “10 astuces pour (oser) utiliser les plantes sauvages comestibles

  1. Hello, très chouette article pour débuter l’approche des plantes sauvages. Moi même, j’ai commencé par l’ortie car c’était la plus simple à reconnaître et à transformer pour moi. Comment traites-tu les plantes quand tu les cueilles? As-tu une façon particulière de les rincer?

    1. Merci, Wendy. Je lave les plantes sauvages pareil que les légumes feuilles, salade, épinards ou autre : dans de l’eau claire, rapidement, pour ne pas perdre trop de nutriments et dans plusieurs eaux si besoin. Puis je passe dans l’essoreuse…

  2. Merci Nathalie pour tout ces conseils !

    Tu as mis une photo avec du lierre terrestre, il me semble que l’on peut en faire des infusions et qu’en plus il a des vertus médicinale. C’est le cas? Est ce que l’on peut en faire autre chose?

    Les sortie avec des experts c’est top ! Mon beau père est un expert en champignon (même si il s’en défends ;-)), et c’est grâce à lui que j’ai franchi le cap de la cueillette des champignons.

    Des techniques que j’aime pour différencier des plantes semblables c’est lorsqu’il existe des aphorisme sympathique. Comme : Charmes a dents ou Hêtre à poils, par exemple. Si jamais tu en a d’autre sous la main je suis preneur.

    1. Pour en savoir plus sur le lierre terrestre, c’est ici : https://plantes-sauvages-comestibles.com/le-lierre-terrestre-lutin-protecteur-et-aromate/. Il est efficaces pour soigner les voies respiratoires, surtout en cas de maladies chroniques ou répétitives.
      Pour distinguer l’ail des ours du muguet, il y a le “MM” = “muguet mat” : au premier regard, le muguet est mat au dessus des feuilles (et brillant en dessous) et pour l’ail des ours c’est le contraire : brillant au dessus, mat en dessous.

  3. Je cuisine beaucoup avec les produits du jardin mais je ne me suis jamais aventuré dans la cuisine avec les plantes sauvages. Je devrais m’y intéresser car en plus de la cuisine j’aime me balader dans la forêt et les montagnes. C’est une belle découverte pour moi.

  4. Ton article est très pertinent car il cible MA principale crainte avec l’idée de consommer des plantes sauvages. Je pense que ce doit être le frein principal chez les gens aussi… Un peu comme avec les champignons… On ne cueille que ceux que l’on connait 😊

  5. Bel article qui donne ou redonne envie de partir à la cueillette de plantes sauvages.
    Je retiens surtout le point 8 : toujours avoir sur soi de quoi cueillir. Le nombre de fois où j’ai croisé des plantes que je connaissais mais que j’ai dû laisser faute de matériel… Fini les frustrations, place à l’organisation! Merci!

  6. Je suis heureuse de découvrir votre site ; c’est clair, agréable à lire….cela fait des mois que je pense à me pencher sur ces fleurs et plantes que l’on a à portée de main et là, maintenant c’est sur, je me lance avec l’une de vos recettes demain ! un grand merci à vous pour ce partage et vos petites phrases qui donnent envie de se lancer !

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